I JO
LES ARTISTES CELEBRES
D’une main bienfaisante et sûre, Il guida les efforts naissants,
Et, sans s’armer du fiel de la censure, De scs rivaux il voyait les talents Comme il dessinait la nature L
Il fut enterré, le 3i mai, à Saint-Germain-l’Auxerrois, — « en présence de Juste-Nathan Boucher, son fils; F. J. Baudouin, son petit-fils ; de M. de Cuvilliers, premier commis des bâtiments du Roy, son ami de Michel Van Loo, de Pierre, de Vien2 » .
Quand il mourut, la société dont il avait incarné le goût et l’idéal n’en avait plus pour longtemps. Le seul élève digne de lui qu’il laissât, Honoré Fragonard, devait vivre assez pour assister à l’agonie suprême de tout ce qui avait inspiré et applaudi son maître... Après que se seront levés, dans la tempête révolutionnaire, les rouges lendemains de tant de carnavals roses et que les réalités sanglantes auront pris la place du joli rêve galant, on verra le pauvre Frago finir tristement sa vie au milieu d’un monde bouleversé, où il n’aura plus de raison d’être, tandis que « les galetas de la brocante » recevront les œuvres dédaignées de Boucher. Hélas! ce sera bien fini de rire. Les Romains de David, les bras et les jarrets tendus, lanceront l’anathème à toutes ces frivolités aristocratiques et amoureuses; dans la république des arts, il y aura aussi une loi des suspects; les Brutus et les Léonidas de marbre mettront en déroute les bergers en satin et les bergères en velours.
Quand, au Musée des Archives, on va revoir Boucher chez lui, on peut lire, dans l’alcôve même de la princesse de Soubise où sourient les deux pastorales de l 'Offrande du berger , la suprême lettre d’adieu écrite