L. Gruner (Zollverein), Architect
Cari Lovelace, Turquey;
Westley Richard (Birmingham), formerly Plater and Jeweller, Chairman of the Birmingham Exhibition in 1849;
Charles Sallandrouze de La Mornaix (France), Commissioner general of Government, member of Conseil of Manufactures and of Central Jury, etc. ;
Robert Younge, Sheffield.
Associates. — William Thomas Brande (Royal Mint), professor of Chemistry ;
Nicolas François Le Dagre, Judge of the Tribunal of Commerce of the Seine, and Member of the Chamber of Commerce at Paris ;
George Methey, Metallurgical Chemist;
Perd val Nata Johnson, Metallurgical Chemist;
Thomas Wesey, Setter of Diamonds.
Cette grande médaille fut pour cette nature tenace et active le prétexte à de nouvelles recherches et à de nouveaux efforts.
En 1 85 1 , fut exécuté dans ses ateliers un groupe de Pradier en matières associées : une Léda en ivoire, drapée d’or, écartant un cygne en argent oxydé. Debout, à demi penchée, au moment d’entrer au bain, à peu près complètement nue, elle n’a pas dépouillé ses bracelets et son collier et s’est fait une coiffure avec des feuilles aquatiques.
C’est vraisemblablement le duc de Luynes qui avait suggéré à Froment-Meurice ce retour à la statuaire chryséléphantine. C’était pour le noble amateur un essai de la restitution de la Minerve du Parthénon, qu’il allait confier au sculpteur Simart.
Cette tentative fut fort discutée. Les figures semblèrent lourdes, épaissies qu’elles sont par le peu de vibration d’une matière en quelque sorte inerte.
Pour ma part, je suis convaincu que la Toilette de Vénus, qui suivit la Léda% dut son succès plus franc à ce que la nudité y est moins complète et à ce que, la figure ayant plus de mouvement, les facettes lumineuses y sont plus fines et les reflets plus multipliés. L’ivoire est en soi une matière qui trompe l’artiste. Il ne restitue point tout ce qu'il lui confie. Il absorbe. Les jambes nues des femmes, dont le rendu a offert des difficultés même aux sculpteurs grecs, s’amollissent, les bras s’empâtent. Il est presque impossible de faire exprimer à l’ivoire l’action vive des doigts. L’ivoire ne « rend », comme disent les artistes, que sur les plans très simples : les hanches, les seins, les attaches du cou, les joues. Une statuette rien qu’en ivoire tournera au « bibelot ». Froment-Meurice, avec son tempérament d’orfèvre, le sentait bien. Aussi le voyons-nous multiplier les draperies de métal qui creusent des plis obscurs, les ornements qui accrochent la lumière au passage, tout ce qui peut réveiller l’attention en rompant l’unité de la surface polie et la fadeur du modelé.
La Toilette de Vénus était de Feuchères. Celui-ci, bien plus décorateur que Pradier, avait conçu sa figure dans un mouvement mieux combiné. Il jeta une draperie, maintenue par une bride coupant la poitrine, sur les reins du triton qui offre à la déesse une branche de corail. La coquille, plancher mouvant sous les beaux pieds de celle qui, éternelle génitrice des êtres, vient de naître de l’écume de la profonde mer, donne de l’ampleur à la base du groupe. Le romantique se rencontrait avec les maîtres de la Renaissance dans leurs plus heureux moments sans qu’on eût à lui reprocher aucun pastiche.
Mais nous voici brusquement interrompus !...
Au moment où le succès couronnait tous les efforts de ce travailleur que nous n’avons pas surpris un instant pliant sous le travail, et à peine, en 1 85 1 , près de sacrifier au découragement ; au jour même où l’Exposition universelle de 1 85 5 allait assurer à sa maison une importance et une supériorité sans conteste, le 17 février i855, François-Désiré Froment-Meurice succombait à un épanchement au cerveau, au milieu de sa famille éperdue, de ses amis stupéfaits d’une telle ironie du sort !
... Il y a huit jours, écrivait Jules Janin dans les Débats, Froment-Meurice, à la veille de la grande Exposition, au moment le plus heureux de sa vie et de sa fortune, entouré d’honneurs et d’enfants grands et petits, adoré d’un monde d’ouvriers dont il était le père et le camarade à la fois ; bon, intelligent, dévoué, heureux de vivre, et si content dans cette vie à part, où se mêlent et se confondent les joies de l’ouvrier, les joies de l’artiste et les joies du commerçant, il rentre chez lui, et le voilà mort! A peine a-t-il le temps de dire adieu à sa femme, à ses enfants, à ses amis, à son père, à sa mère, à son frère, à son gendre au désespoir....
Et plus loin :
Ouvrez le livre de ses pratiques, et vous y trouverez les plus grands noms de
l’Europe. Son œuvre est partout : au Vatican, sur la table du Pape; de lui aussi est l’ostensoir de la chapelle de notre Saint-Père. Le bouclier de Froment-Meurice appartient à l’empereur de Russie; la reine Victoria possède de ce grand ouvrier une aiguière, et le prince Albert un couteau de chasse. A Parme, il a laissé sa toilette, au comte de Paris un coffret en fer ciselé; il a fait la parure de mariage de Mmo la duchesse de Montpensier. Pour M. de Rothschild, Froment-Meurice a ciselé des candélabres dignes d’éclairer le château de Choisy; pour M. le duc de Luynes, il a dressé un admirable service de table avec ce petit adage latin: « Sans Bacchus et sans Cérès, adieu Vénus! » car un rien l’inspirait ; il était toujours à la recherche de toutes choses, et de toutes choses il faisait son profit. Un jour qu’un de ses plus riches bracelets avait accroché la dentelle d’une dame et l’avait meme blessée au bras: a O malheureux! lui dit-on, vous voilà aussi maladroit que cet orfèvre dont il est parlé dans Y Iliade. — Et que dit-elle, votre Iliade? reprit Froment-Meurice en riant à demi. — Elle dit qu’il ne faut pas qu’un bracelet ressemble à un cent d’épingles. Ecoutez plutôt l’ironie de Minerve à Jupiter quand Vénus vient se plaindre d’avoir été blessée par Diomède : « O Jupiter ! ras- « sure-toi, ce n’est rien, cette blessure de Vénus. Sans doute, comme elle amenait « à Troie une belle Grecque richement vêtue, elle aura heurté sa main contre une « agrafe d’or et se sera fait cette blessure. » — Ah ! maladroit que je suis ! s’écria Froment-Meurice. » Six mois après, il avait fabriqué le merveilleux bracelet de l'exposition de 1844...
Cher Froment-Meurice, ajoutait Janin, il riait si volontiers, il entendait si bien la plaisanterie, avec tant de bonne grâce ! Il aimait tant les beaux poèmes, les belles-lettres et les poètes. — Il était si complètement un des nôtres, avec tant de bonne humeur, de gaieté, d’intime contentement !...
C’est à la suite de ces mots : « 11 était si bien des nôtres, » qu’il faut placer les vers exquis et profonds commençant par ; « Nous sommes frères... », l’odelette toute ronsardisante qu’un jour M. Victor Hugo avait adressée à « M. Froment-Meurice 1 ».
Nous sommes frères : la fleur Par deux arts peut être faite.
Le poète est ciseleur,
Le ciseleur est poète.
Poètes ou ciseleurs,
Par nous l'esprit se révèle ;
Nous rendons les bons meilleurs,
Tu rends la beauté plus belle.