JOAILLERIE
EXÉCUTION D’UNE COQUILLE EN DIAMANT, Pouvant servir d’ aigrette pour les cheveux.
Cette coquille est en platine allié d’argent. Ce genre d’alliage a été choisi au lieu de l’argent pur qui s’oxyde au contact de l’air. Le platine pur eût été trop noir pour faire une œuvre de joaillerie, mais l’alliage d’une partie de ce métal avec l’argent donne un coupé vif très net. Le moyen le plus sûr d’allier le platine à l’argent est de le dissoudre par les acides et de le réduire en une poudre impalpable, nommée mousse de platine, qu’on laisse tomber en pluie fine dans l’argent fondu et chauffé presque à blanc.
Il faut, comme début d’exécution, tracer sur une plaque de cuivre une coquille un peu plus grande que le plâtre modèle, afin que par le rétréci qui résulte de l’embouti on arrive à la grandeur voulue.
Les palmettes qui font saillie dans l’intérieur delà coquille, sont ensuite cintrées et ajustées en prenant en considération la quantité, la grosseur et la forme des pierres destinées à l’objet, ainsi que le plâtre dont le sentiment du modèle doit être pris comme point de départ.
C’est pour se rendre bien compte de l’effet que produira l’objet que cette maquette de cuivre est nécessaire avec presque toutes les pierres collées avec de la cire.
L’exécution sérieuse commence ensuite en corrigeant les défauts qui ont été remarqués sur la maquette; vient ensuite le perçage des trous, puis l’ajustement des pierres. Ce travail fait, il faut emboutir des fonds ou doublure en or à 1 8 que l’on ajuste et que l’on soude; on perce également ces fonds. La mise à jour des pierres consiste à faire disparaître le métal qui pourrait troubler la transparence des pierres ; on donne à ces jours une forme en rapport avec la disposition des pierres et les contours de l’objet.
11 se trouve alors que toutes ces petites alvéoles forment un tissu de petits filets d’or contournant toutes les pierres et la pierre elle-même, tandis que les ajours et le dessus restent en platine allié d’argent.
Viennent ensuite le poli et le serti. Les palmettes sont fixées dans l’intérieur de la coquille par des vis et des goupilles invisibles. La gerbe de diamants de couleur, sertis à griffe illusion, est faite en platine pur recroui et laminé; c’est le seul métal précieux ayant la raideur nécessaire pour nous permettre des fils assez fins laissant voir complètement la coquille et les diamants de couleur suspendus et isolés.
La tige de roseaux est faite d’argent doré vert et rapportée à vis en deux morceaux entrant de chaque côté du noyau de la coquille.
APPENDICE 87
Cette pièce a dû être faite d’argent doré : car l’or vert n’eût pas donné, après le travail de serti, la teinte verte obtenue par la dorure.
On procède, pour l’exécution de cette pièce, comme pour le travail de la coquille. Ce travail de joaillerie demande beaucoup de précision et d’adresse dans l’exécution.