‹ F.-D. Froment-Meurice, argentier de la villeChapitre 15 sur 20 · EXÉCUTION D’UNE STATUETTE EN COQUILLE · texte numérisé non relu

EXÉCUTION D’UNE STATUETTE EN COQUILLE

On a une statuette en plâtre, cuivre ou marbre, sur laquelle le mouleur sur plâtre fait un moule en creux, divisé en plusieurs morceaux afin que chacun d’eux soit de dépouille pour pouvoir retirer la pièce de métal qu’on y a emboutie.

Ces différents morceaux de plâtre sont moulés et fondus en cuivre pour servir d’estampes; ensuite, on les assemble au moyen de fortes vis en fer et de tenons. Pour pouvoir les démonter pendant le cours du travail, on en assemble le plus grand nombre possible, autant que le travail d’estampage le permet : par ce moyen, vous augmentez les difficultés d’exécution, il est vrai, mais vous évitez que votre statuette ne soit remplie de coutures, et cela vous donne un travail beaucoup plus exact et beaucoup plus solide.

Moyens d’exécuter le travail:

Vous prenez une plaque d’argent 001, 1/2 millième d’épaisseur, vous retreignez cette plaque dans la forme de la partie que vous vouiez estamper; vous obtenez ce résultat en la martelant sur des outils en fer de différentes formes appelés boules, bigornes, outils d’étaux. A chaque chaude que vous lui donnez, c’est-à-dire à chaque martelage que vous lui faites subir, vous êtes obligé de la recuire pour recommencer votre travail : car, une fois écrouie, cette plaque cesse d’être malléable, et si vous vouliez continuer votre travail, vous finiriez par la déchirer. Cette opération consiste à la rougir au gaz ou à la forge, puis vous l’éteignez (trempez) dans un vase rempli d’eau additionnée de i/ioe d’acide sulfurique.

Si on ne l’éteint pas, cette plaque redevient moitié plus dure.

Pour avoir une statue bien faite et d’un travail propre, il faut absolument que votre plaque soit préparée au marteau dans la forme exacte de votre creux, cette plaque étant trop mince pour être emboutie de manière à obtenir les reliefs de la statuette; le creux ne sert donc que pour donner la pureté des formes.

Travail d’assemblage:

Vous limez le bord de vos plaques pour que l’assemblage soit net, en ayant soin de compasser tous les détails pour qu’ils soient de même grosseur que ceux du modèle, puis, au moyen de fils de fer de différentes forces, vous les attachez pour souder les assemblages à la soudure forte.

Lorsque vous mettez votre pièce au feu, il faut avoir soin de la chauffer entièrement et régulièrement pour éviter qu’elle ne travaille par l’effet de la chaleur: il se produit une dilatation dans tous les sens, et très souvent les assemblages se déran-

gent; il arrive quelquefois que, malgré toutes les précautions, la pièce change de forme.

En orfèvrerie, ce genre de travail demande beaucoup de goût, de soin et de patience.

Page 1