‹ F. David, coup d'oeil sur sa vie et son œuvreChapitre 9 sur 11 · LÀ CARRIÈRE · texte numérisé non relu

LÀ CARRIÈRE

Le succès du Désert prit les proportions d'un événement, d'une vogue et d'un triomphe. Pour la première fois, peut-être, les Français, qui mettent ordinairement au-dessus du plaisir de goûter les impressions d'une œuvre celui de la juger et d'en faire un sujet de discussions plus ou moins spirituelles et raisonnables, s'abandonnèrent, sans arrière-pensée, à cette fureur sacrée de dilettantisme dont on croyait les seuls Italiens capables.

Inconnu, délaissé la veille, Félicien David fut le lendemain célèbre et recherché de tout le monde. On ne vit jamais approbation plus chaleureuse, plus unanime que celle dont le Désert fut l'objet dans les journaux et dans les conversations. El cela se comprend. Dans un cadre nouveau, l'ode-symphonie réalisait toutes les aspirations des romantiques à la description et au coloris, avec une pureté de lignes, une sobriété de moyens, une correction de style à ravir en admiration les plus rigoureux classiques. A cette heureuse conciliation, devenue nécessaire, joignez la surprise d'un chef-d'œuvre éclatant comme une bombe, l'intérêt qu'inspirait enfin la vie douloureuse et singulière de son auteur, une cei tnine

satisfaction de l'orgueil national, et le besoin, la joie de parler de la chose à la mode, vous aurez, ce nous semble, les causes principales du succès et des proportions inusitées qu'il prit.

Il y avait là de quoi troubler la tête la plus froide ; Félicien David fut pour ainsi dire ahuri pendant quelques jours. Il ne savait comment répondre aux exigences d'une vie nouvelle, à laquelle son passé solitaire ne l'avait nullement préparé.

Le trouble cependant fut de courte durée. Vingt-deux jours après la révélation du Désert, le 30 décembre 1844, il écrivait à l'un de ses amis :

« Enfin, je suis récompensé de mes travaux et de mes luttes. J'ai donné mon second concert au Théâtre-Italien. Le succès a été aussi beau, et même encore plus beau que la première fois. Il y avait dans la salle l'élite de la population parisienne. Celte soirée a consacré mon premier succès. J'ai reçu ces ovations sans enivrement; je sais à quoi cela m'engage. Dieu aidant, j'espère n'être pas inférieur à moi-même dans mes nouvelles œuvres.

» J'ai souvent pensé à mon pays au milieu de mes triomphes, car il n'y a pas de bonheur pour moi sans celui de mes bons parents et de mes bons amis (1). »

C'est noblement parler, cela, et comme doit parler un véritable artiste.

Pendant les premiers jours qui suivirent l'explosion du Désert, l'immense joie de son auteur n'allait pas sans une certaine dose d'inquiétude et de chagrin. Il s'était fait célèbre en un seul jour, et c'était beaucoup ; mais ce n'était pas tout. U devait deux mille francs à ses interprètes, et la recette du concert ne s'était élevée qu'à huit cents francs. Félicien David l'artiste était le millionnaire de l'applaudissement et de l'approbation sous toutes ses formes; Félicien David l'entrepreneur de concerts était en déficit d'une somme de douze cents francs pour payer la dette d'honneur con-

(1) Lettre citée par M. Sylvaiu Saint-Éiiejine.

iraçlée envers ses interprètes, — et ne savait où la trouver. Quel triste revers de la médaille de triomphe 1

Déroutés par la forme nouvelle de l'œuvre, les éditeurs de musique ne se présentaient pas pour l'acheter. Enfin, l'un d'eux s'enhardit au point de faire des propositions. Il offrit douze cents francs pour l'acquisition de la propriété pleine et entière du Désert, et Félicien David accepta sans marchander, sans hésiter un instant, cette offre qui lui permettait de payer sa dette et de conserver son piano bien-aimé.

Des débats qui surgirent plus tard au tribunal de commerce, il résulta que la cession de la propriété pleine et entière du Désert comprenait non-seulement les droits d'édition et de vente que les auteurs cèdent ordinairement aux éditeurs, mais encore une partie des droits qu'ils perçoivent sur la recette des représentations ou exécutions de leurs ouvrages.

Joué fréquemment au Théâtre-Italien, dans des concerts qui attirèrent une foule énorme, le Désert fut une source de bénéfices non moins énormes.

Si cette ode-symphonie n'enrichit pas Félicien David, la célébrité dont elle entoura son nom lui permit de vendre à des conditions raisonnables quelques-uns des ouvrages qu'il avait en portefeuille.

En 1845, il partit pour donner des concerts à Lyon, à Marseille, puis en Allemagne et en Hongrie. Il assista aux fêles de Bonn pour l'inauguration du monument de Beethoven. A Francfort, le célèbre Mendelssohn-Bartholdy lui donna fraternellement l'hospitalité ; l'auteur du Songe d'une Nuit d'été fit à celui du Désert une politesse dont peu de gens seraient capables. A la lecture, à première vue, de la partition de ses quintettes, il les réduisit pour le piano, sans omettre une note, une nuance, une simple intention.

A Berlin, Félicien David eut beaucoup à se louer des procédés de M. Meyerbeer. Le Désert fut exécuté à Potsdam pour la cour.

Le premier concert de Félicien Da\id en Allemagne a été donné à Bade le 30 août 1843. Les 27 et 29 septembre, il en a donné deux à Francfort; un à Manheim le 13 octobre; un à Munich le 29 octobre; un à Pesth, le 30 novembre; quatre à Vienne, les 7, U, 12 et 16 décembre, sans compter ceux oià l'on fit entendre le Déserl, au théâtre de la Vieden et à celui de la porte de Carinthie.

Sa tournée finie en Allemagne, Félicien David revint en France par Trieste, Gênes et Marseille. Il s'arrêta dans cette dernière ville pour y donner deux concerts, et revint à Paris, avec son œuvre nouvelle, l'oratorio de Mdise au Sindi. Cette œuvre avait été composée à Bade et à Vienne, sous l'influence des idées sévères des Allemands en fait de style religieux.

Exécuté dans un concert à l'Opéra, le 28 mars 1846, Toratorio àQ Mdise au Sinai fut très-mal accueilli du public, ou, pour mieux dire, ne fut pas accueilli du tout. Beaucoup de personnes quittèrent la salle avant la fin. Depuis le Désert, on raffolait de paysages et de narrations en musique, et l'on n'attendait pas autre chose de Félicien David. On fut déçu par le style austère et grandiose de cet oratorio, et la déception tourna momentanément contre l'auteur. Sans trop médire, d'ailleurs, de la nature humaine, il est permis de croire que son immense succès du Désert lui avait suscité quelques envieux, et que ces envieux ne furent pas étrangers à l'insuccès du Mdise au Sindi. Quoi qu'il en soit, cet oratorio, mis en deux parties et augmenté de quelques morceaux, prit une revanche complète dans un concert donné, le 12 décembre 1847, au Conservatoire, où le 7 mars de la même année, l'ode-symphonie de Christophe Colomb avait obtenu un succès presque égal à celui du Désert.

Le Christophe Colomb, dans son plan primitif, n'avait que trois parties : le départ, la traversée, l'arrivée. Félicien David, après l'avoir achevé dans cette forme, trouva qu'il y manquait des choses essentielles. Il eut recours à l'inépuisable complaisance de Méry, qui voulut bien se charger de compléter l'œuvre par l'adjonction des scènes du calme plat sous la zone torride et de la révolte ; Méry

refit aussi, avec le concours de M. Sylvain Saint-Étienne, la plus grande partie des vers déjà mis en musique, — ce n'est pas un travail facile, assurément, — et consacra tous ses soins à rendre les strophes déclamées dignes du titre d'ode; elles en sont dignes, en effet, par la grandeur et le lyrisme du style.

La musique du Christophe Colomb fut composée à Paris ; certaines parties de l'orchestration furent faites à Dieppe pendant une saison de bains de mer. Après la première exécution de cet ouvrage au Conservatoire, Félicien David organisa des concerts pour le faire entendre dans la salle de l'Opéra-Comique. Le premier de ces concerts était annoncé, affiché pour le vendredi 19 mars 1847. La cour devait y assister. Toutes les places étaient louées. Il prit alors fantaisie au directeur du Théâtre-Italien, qui avait réalisé de trèsgrands bénéfices avec le Désert, d'interdire à M. Tilmant, son chef d'orchestre, et aux autres musiciens de son théâtre, toute participation au concert du Christophe Colomb, sous peine d'une amende égale à leurs appointements pendant six mois. Le concert fut nécessairement ajourné. Félicien David dut, par une lettre insérée dans les journaux, signaler au public le procédé de M. Va tel. Il forma la résolution de diriger désormais lui-même l'exécution de ses œuvres. Sept concerts donnés dans la salle de l'Opéra-Comique n'épuisèrent pas la vogue du Christophe Colomb, qui fut encore joué au Cirque. M. Tilmant, cette dernière fois, put en diriger l'exécution.

La cour voulut entendre la nouvelle ode-symphonie. A la suite d'un concert donné aux Tuileries, et dont elle remplit tout le programme, le roi Louis-Philippe remit, de sa main, à Félicien David la décoration de la Légion d'honneur.

M. Bohain, l'entrepreneur d'un jardin public nommé le Château des Fleurs, désirait un ouvrage digne d'attirer la foule. Il s'entendit avecMéry, qui lui proposa le sujet de l'Éden. Félicien David fut chargé de la musique, et mit dix mois à la composer. VEden devait être interprété comme une pièce, par des artistes en costumes, sur un théâtre dont les décorations auraient été faites de fleurs et

d'arbres véritables. La chute de l'entreprise du Château des Fleurs fit avorter ce projet. Les auteurs s'adressèrent alors à MM. Roqueplan et Duponchel, directeurs de l'Opéra, et le Mystère, — c'est le titre de VÊden, — fut sur le point d'être joué avec des costumes et des décors ; les travaux des répétitions de Jeanne la Folle ne permirent pas de donner suite à ce deuxième projet.

Enfin, ÏÈden fut exécuté, sans costumes et sans décors, dans un concert à l'Opéra, le 25 août 1848. Ce soir-là, l'Assemblée Constituante discutait la proposition de l'enquête sur MM. Louis Blanc et Caussidière. Le souffle révolutionnaire agitait tous les esprits. On n'écoutait que d'une oreille cette musique si digne d'être écoutée des deux, et l'on prêtait l'autre aux rumeurs, aux nouvelles de la politique. A chaque instant, une nouvelle édition des journaux du soir faisait irruption dans la salle, et le bruit du papier froissé couvrait parfois les doux murmures de l'orchestre, décrivant les premières impressions d'Eve à la vue des fleurs et des oiseaux. Ce fut le paradis terrestre des marchands de journaux et l'enfer des auteurs et de leurs interprètes.

Un autre entrepreneur, M. Place, avait établi le plan de fêtes gigantesques. Son programme donne le verlige. Il demanda douze airs de danse à Félicien David, qui s'empressa de les composer. L'autorité supérieure n'autorisa pas M. Placeà réaliser son plan. Le compositeur a mis quelques-uns de ces airs de danse dans le \i2^<i\^ Uerculanum et dans celui de Lalla-Roukh. Les autres sont restés en portefeuille Composée en 1850, la Perle du Brésil fut d'abord reçue et mise à la copie par M. Perrin, directeur de l'Opéra-Comique. M. Perrin fit plus tard des réflexions au sujet du livret, et demanda qu'il fût amélioré. Il ne parvint pas à s'entendre avec les librettistes, et refusa de monter l'ouvrage. Les librettistes, alors, traitèrent avec M. Seveste, directeur du Théâtre Lyrique, et envoyèrent du papier timbré à Félicien David pour le contraindre à ratifier leur traité. Pour éviter le scandale d'un procès, le litige fut soumis â un arbitrage qui donna gain de cause aux librettistes.

En refusant de suivre ses collaborateurs au Théâtre Lyrique, Félicien David voulait surtout conserver à sa partition les interprètes pour lesquels il l'avait écrite : MM. Audran, Battaille et M""' Ugalde. Scribe, qui était venu chez lui entendre toute la musique de la Perle du Brésil, était prêt à remanier ou à refaire le livret. Le payement d'un dédit de cinq mille francs pouvait, dit-on, rendre l'intervention de Scribe possible, et assurer la jouissance de l'ouvrage au théâtre de l'Opéra-Comique. Mais le directeur de ce théâtre ne fit pas mine de vouloir payer ce dédit, et la sentence arbitrale fut obéie. Si ces renseignements, puisés à bonne source, sont exacts, l'avenir a dû faire bien regretter son abstention au directeur de rOpéra-Comique.

Quoi qu'il en soit, la Perle du Brésil î\xi représentée, pour la première fois, au Théâtre Lyrique, le 22 novembre 1851, et donna la consécration artistique à ce théâtre naissant. A part M. Bouché , chargé du rôle de l'amiral, et M. Junca, chargé du personnage épisodique d'un chef sauvage, les interprètes ne se montrèrent pas trop dignes de l'œuvre. Les costumes laissaient aussi quelque chose à désirer; le ténor, M. Philippe, était orné d'une culotte à ballons et à crevés, dont l'aspect répandit une hilarité des plus dangereuses dans la salle. Il ne fallut rien moins que la délicieuse romance : « Zora, je cède à ta puissance^ « pour rétablir le silence et l'attention.

Les cinq premières représentations furent très-favorables au début théâtral de Félicien David. Le succès allait grandissant et se manifestait, entre autres symptômes, par l'augmentation de la location des loges et des stalles. Survinrent les événements politiques de décembre 1851, qui détournèrent un peu ce courant. La Perle du Brésil, malgré tout, produisit des receltes relativement trèsbelles, et assura l'existence du Théâtre Lyrique, dont l'institution est indispensable à l'art musical.

Avant d'écrire la partition de la Perle du Brésil, Félicien David avait composé une ouverture, une marche, des airs de danse, des

entr'actes et un grand final pour un mélodrame auquel la scène du Jugement dernier servait de dénoûment . Il croyait ce mélodrame reçu au théâtre de la Porte-Saint-Martin. Grand fut son désappointement lorsqu'il découvrit que sa croyance était mal fondée. L'idée de mettre en musique le Jugement dernier l'avait surtout engagé dans ce travail. Ne se souciant pas de l'avoir fait en pure perte, il eut recours à Méry, le réviseur du Christophe Colomb. Méry proposa le sujet d'un opéra, qui devait avoir pour titre le Dernier Amour ; dans cet opéra, tous les morceaux composés trouvaient naturellement leur place, et le final du Jugement dernier formait le dénoûment, tout comme dans le mélodrame non reçu. L'entreprise était effrayante ; on peut trouver, en effet, mille routes pour atteindre un dénoûment ordinaire, mais on en trouve bien peu pour arriver à un dénoûment aussi exceptionnel que l'est le Jugement dernier. En déployant un talent, une patience, un dévouement dont ceux qui l'ont vu à l'œuvre peuvent seuls se rendre compte, Méry vint à bout de cette tâche presque impossible. Pendant qu'il travaillait aux derniers actes de la pièce, Félicien David écrivait la musique des premiers.

Ayant appris que le Juif Errant contenait un Jugement dernier, le compositeur, d'après le conseil de son ami M. Nicolet, l'un des meilleurs avocats du barreau de Paris, réunit chez lui quelques personnes, le 22 avril 1852, veille de la première représentation du Juif Errant^ exécuta devant elles son Jugement dernier, et leur fit signer ne varietur et dater toutes les pages de sa partition, afin de se mettre à l'abri de tout reproche de plagiat, en cas d'analogie entre les deux musiques écrites sur le même sujet. Ce fut la précaution inutile; il n'y a pas, en effet, la moindre analogie entre les deux Jugements derniers.

Le Dernier Amour fut reçu et mis en répétition au Théâtre Lyrique au moment où M. Perrin en était le directeur. Mais les interprètes, après de nombreux essais, furent jugés insuffisants pour l'œuvre, et la tentative n'eut pas de suite.

Le 4 mars 1 859, le Dernier Amour fut représenté pour la première

fois à l'Opéra, sous le tilre à' Herculanum . L'ouvrage primitif a subi bien des changements, bien des mutilations; on l'a privé de son dénoûment naturel, le Jugement dernier, pour lequel tout avait été combiné, préparé, parfois sacrifié. Tel qu'il est cependant, il a fourni une belle et fructueuse carrière, malgré l'interruption réitérée de ses représentations aux meilleures saisons de l'année.

Nous dirons peu de choses de Lalla-Roiikh; le succès inépuisable de ce délicieux ouvrage en deux actes, qui a fait la fortune de rOpéra-Gomique en plein été, répond trop haut à ceux qui niaient à Félicien David la faculté d'écrire de véritable musique théâtrale, pour qu'il soit nécessaire d'insister. La première représentation de Lalla-Roukh a été donnée le 12 mai 1862, et sa centième représentation le 9 avril 1863.

Indépendamment des œuvres qui viennent d'être mentionnées, Félicien David a, dans son portefeuille, un opéra en trois actes dont la destination est inconnue; il travaille à un opéra comique en trois actes, dont le premier acte est presque achevé.

Il a écrit, depuis le Désert, une symphonie en id mineur; trois trios pour piano, violon et violoncelle ; les Esquisses symphoniques, et plusieurs autres compositions pour le piano; quelques chœurs, quelques airs de danse, une vingtaine de mélodies, parmi lesquelles on remarque plus particulièrement le Nuage et la Vengeance des fleurs.

Depuis l'automne de 1860, il jouit, grâce à la munificence du Souverain, d'une pension annuelle de 2,400 francs. Depuis le mois de février 1858, MM. Emile et Isaac Pereire, qui n'ont cessé de lui porter le plus vif intérêt, lui en font une de 1,200 francs.

Le 1 5 août 1 862, il a été nommé officier de la Légion d'honneur.

La seule fonction qu'il remplisse est celle de membre du Comité de patronage de la méthode Galin-Pâris-Chevé, qu'il considère, après mûr examen, comme un moyen tout-puissant d'opérer la diffusion de Fart et de la science de la musique parmi les masses populaires.

11 s'est présenté trois fois à l'Institut : la première, à la mort d'Onslow (1853) : M. Reber a été nommé; — la seconde, à l'époque de la nomination de M. Halévy à la fonction de secrétaire perpétuel (1854) : M. Clapisson a été nommé; — la troisième, à la mort d'Adolphe Adam (1856) : M. Berlioz a été nommé.

Lors de sa première candidature, il lui vint une idée triomphante : il dressa la longue liste de ses ouvrages, en fit autant de copies qu'il avait d'immortels à visiter, et, pour abréger les harangues et les sollicitations, il remit une de ces copies dans les mains de chacun des académiciens dont dépendait sa nomination. Le naïf ne s'était pas douté que cette liste, à ses yeux bien inoffensive, pouvait, en certains cas, prendre les apparences d'une épigramme.

On ne vit jamais candidat plus candide.

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