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Pauline, disposées en triangle, et l’île Eugène, la plus grande de toutes, avec une longueur de trois lieues, et la plus rapprochée du continent. Sur cette dernière île, Péron faillit rencontrer la mort. Surpris par une marée violente, lors de «l'exploration de ses rivages, et entraîné par les vagues, il dut la vie au dévouement d’un matelot, nommé Lefebvre, qui l'avait accompagné. .
Ces îles, arides et sablonneuses, comme la côte de la terre Napoléon , offrent quelques petits étangs d’eau salée et manquent d’eau douce. Comme le remarque Péron, d’après les échantillons de granit et de quartz, elles sont essentiellement primitives, ainsi que la terre de Diemen, les îles Maria, Hunter, King et l’île Decrès. Les îles Joséphine sont inhabitées ; aussi les kanguroos et les phalangers y abondent , et les phoques, chassés du pôle par l'hiver austral, y émigrent en bandes immenses. Péron y fit une magnifique récolte en molhaees et en zoophytes des plus précieux.
Des découvertes françaises résulte la certitude qu’il n'existe, sur la terre Napoléon, derrière les précédents archipels, aucune trace de détroit ni même de rivière intérieure, et que la côte est obstruée de hauts fonds et de brisants qui la rendent très dangereuse, même pour les petits navires.
Cette exploration importante et nouvelle remplit tous les cœurs d’une vive satisfaction ; on arrive au cap des Adieux, où finit la terre Napoléon, et où commence la terre de Nuytz. Comme les Français, dirigés par d’Entrecasteaux, en avaient fait auparavant un relèvement des plus précis, l'expédition se rend tout de suite au port du roi George, à l’autre extrémité de cette terre, et on y retrouve la Casuarina, dont l'absence avait fait naître les plus vives inquiétudes. |
Ce port important, découvert par Vancouver, est le seul point , sur une étendue de côtes au moins égale à la distance
de Paris à Saint-Pétersbourg , où il soit possible de se procurer de l’eau douce en tout temps. Aussi, des monts sourcilleux lui forment une enceinte où se réunissent d’abondantes vapeurs qui, condensées en rosée continuelle, alimentent de nombreuses sources, de petites rivières et des lacs ; mais le sol primitif, d’un fonds de granits riches en grenats et très durs, ne fournit presque pas de terre végétale, vu sa difficile décomposition; et les montagnes sont, comme les célèbres montagnes bleues de la Nouvelle-Galles du Sud, d’une aridité affreuse. Cependant, ce sol si impropre aux céréales et aux plantes européennes, est couvert en profusion de végétaux, créés spécialement pour cette terre sablonneuse et brülante. Peut-être ,; dans cette flore toute particulière, y a-t-il des ressources futures admirables pour les landes de nos départements méridionaux.
Dans le port du roi George s'ouvre une grande crique marécageuse et salée, qui s’étend fort avant dans les terres, et où l’on découvrit de singuliers monuments de l’industrie des naturels : des espaces circulaires dépouillés et environnés de sagaies fichées dans le sol, et, chose plus curieuse de la part des misérables peuplades australiennes, jusqu’à six véritables digues en pierres sèches barrent la crique, percées d'ouvertures élargies vers la mer et rétrécies vers l’intérieur, et destinées à empêcher le poisson amené à la marée haute de retourner ensuite à la mer.
Cette crique, dite rivière des Français, présente, comme les prétendus fleuves Dalrymphe ; Hawkesburry, Parramatia etc. , à la Nouvelle-Galles du Sud, un petit bras de mer prolongé dans l’intérieur: et ces faits singuliers sont généraux aux côtes de la Nouvelle-Hollande. |
Une entrevue pacifique , la première des Européens avec les peuplades farouches de la terre de Nuytz, permit de con-
de pin stater quelques différences, pour les armes et les instruments, entre ces naturels, dont le Corps est couvert d’ocre rouge et qui ont la cloison des narines percée, et les indigènes de la Nouvelle-Galles. |
Au départ du.port du roi lue, dans les premiers jours de mars 1803, la Casuarina reçut l’ordre de reprendre l’exploration de la terre d’Edels, ébauchée par le Naturaliste l'année précédente. De nouveau furent reconnues les îles Louis- Napoléon; mais les brisants empêchèrent le passage entre les
iles et le continent, la détermination exacte de l'embouchure
de la rivière des Cygnes Noirs, et détruisirent tout espoir d'y rencontrer un mouillage sûr et abrité. Un cap en pointe très aiguë et saillante reçut de M. Freycinet le nom de cap Péron.
Pendant ce temps le Géographe , au milieu de dangers sans cesse renaissants, suit les côtes stériles et sablonneuses de la terre de Leuwin, explorée au début de l'expédition, et retrouve le Casuarina au mouillage de l’île Rottenest, aux limites des terres de Leuwin et d’Edels. Ces dernières terres sont jugées suffisamment reconnues, et, l’on sehâtede s'éloigner de leurs bords aux écueils redoutables pour revenir à la baie d'Endracht, dans cette baie des Chiens-Marins, visitée dès l'abord par le Géographe, puis revue par 1e Naturaliste, lors : de. sa séparation du principal navire.
On aborde à l'extrémité nord de la presqu'île Péron, Près
du cap Lesueur, une intéressante découverte se présente : ce.
sont trois ouvertures semi-circulaires, conduisant chacune à un souterrain d'environ cinq mètres de profondeur, avec une entrée à peine de un mètre de hauteur, de sorte qu’on ne pou- ‘vait y pénétrer qu’en rampant. Des traces nombreuses de pas
humains indiquent que ces grottes artificielles servent d'ha- ”
bitation. Péron attribue ces constructions remarquables à
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