‹ F. ZiemChapitre 2 sur 11 · PLANCHE II. — LE HAREM · texte numérisé non relu

PLANCHE II. — LE HAREM

(Petit-Palais des Beaux-Arts)

Ziem, grand voyageur, aimait Constantinople presque autant que Venise. Du séjour qu'il y fit, il rapporta d'admirables toiles, éclatantes de couleur et des intérieurs orientaux, comme ce Harem, qui est une merveille de coloris et de pittoresque.

à Venise, qui ont déclaré que c'était une Venise de fantaisie qu'on voyait surgir de ses toiles, ceux-là ignorent ce qu'il y a de conscience dans l'art de Ziem. " (Figaro.)

Pour refuser à Ziem la sincérité, il faut n'avoir jamais vu Venise ou ne l'avoir aperçue qu'à travers la fenêtre d'un hôtel, à la manière de ces touristes ignorants qui traversent les villes sans rien voir, lamentables parvenus du commerce, bonnetiers enrichis que le snobisme attire dans la péninsule et qui jugent d'une cité par le nombre de ses tramways et de ses maisons neuves. A ceux-là, Venise ne parle pas ; sa beauté souveraine leur est interdite. Mais quelles impressions merveilleuses y éprouve l'artiste, le lettré, celui qui pense et qui sent, celui qu'émeut toujours un beau soleil couchant, surtout quand il fait rutiler les marbres et flamboyer l'or de Saint-Marc ! Ceuxlà comprennent Ziem, parce qu'ils compren-

nent Venise; ceux-là aussi sont les seuls dont l'opinion importe. Ils ont pleinement justifié le grand artiste des critiques suscitées par la sottise; et Ziem, mort à peine depuis un an, est aujourd'hui définitivement entré dans la gloire et classé parmi les plus belles et les plus originales figures de l'art français.

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