USI J
rl ÆiJ’rj.'i u I
i ’ 4}-.« li ti’.'.jMil
•ti.
mf * ,
sitj.î . i -u'. v.-i .vi l . • • : »u„
— * * ftt * , Vf l - . * i : i « ^ I . , • .* * *
Voici ce qu'on dit du vieux château de Schœnberg :
— Au temps de la chevalerie, il y avait dans ce château sept soeurs d’une rare beauté, et que l’on appelait les belles comtesses. De toutes les parties du monde, barons ,
'bl ! • . «
âk
' Digilized by
y4 fa dièze.
comtes, chevaliers et nobles hommes venaient les admirer, s 1 efforcer de brillera leur cour, et d'obtenir d’elles un regard favorable. Ce n’étaient que tournois et fêtes. Les soeurs ne songeaient qu à se divertir et qu’à enchaîner auprès d’elles, par leurs artifices ,
les chevaliers qui prenaient tant de soin de •
leur plaire. Elles donnaient des espérances à tous , et chacun des prétendans se croyait préféré à ses rivaux.
Mais l’accord ne put durer long- temps :
les chevaliers se querellèrent et se battirent, il y eut un horrible massacre. Le lendemain , les sept belles comtesses avaient disparu et ne revinrent plus ; mais on aperçut pour la première fois dans le Rhin , auprès d’Ober-Wesel , sept écueils , que les vagues tantôt couvraient de leur écume, tantôt laissaient à nu. C’étaient les sept soeurs que Loreley, la fée des eaux, avait changées en pierres. —
Si vous avez quelques doutes sur la vérité
FA DIÈZE. g5
de cette tradition, les sept pierres y sont encore. — Cherchez, et vous n’avez peut-être pas une seule croyance établie sur de meilleures pi’euves.
fcj3r‘ ^ . >«••** *£.. « n if ». ; Pr-t «j , •?*■•» ïtt*fcni »*vn •/
b lK fi 'O < ■-.. - lil'« 7 I
fo-Mrt 0; »..<* 1 ' lü; • If- -Vu. I.,
.7 1 Jj V. /iil
fr
IÇv- '
Sitôt que le contrat de vente fut signé , le baron s'aperçut qu’il avait fait une sottise.
Ce n'était pas dans le lieu dont l'aspect l’avait séduit qu il fallait choisir son habitatiou; c’était en face, pour ne pas en perdre
y8 FA DIÈZE.
la vue. C’était sur les roches nues d’où l'ou voyait si bien Ober-Wesel , et le rocher auquel le village était adossé , et le mouvant feuillage qui couronnerait le rocher au mois de juin.
Pendant quelque temps il continua ses courses aux environs; mais d’horribles courbatures l’avertirent qu’il avait perdu encore plus qu’il n’avait pensé , et il avisa de rassembler autour de lui*dans l’enceinte de son immense parc tous ses monwnens.
Il se rappela la maison de Blanche , en dressa le plan lui-même, et la fit construire ; il se rappela aussi la pelouse qui étaitdevant la porte, et ordonna au jardinier d’en faire une semblable.
Il lui demanda aussi des aubépines et des pâquerettes, et des barbeaux ; il n'oublia pas le rideau de noisetiers , derrière lequel il avait osé serrer la main de Blandhe.
Et aussi des vergiss mein nicht.
\i> tuuiftlûU/.JH ftip ni : > u <' .v >if i< f :»n
Il 11 , 1 / ^>»V . 1 - ) *j 1 al
ce oay*u*iI^u?' ,T . < •
■Ui'rp/jasf) ;jf » J.ia i'Juoin no : À / r.l > ■) ailoT
wjq J i&tn uo u;> sas np oj/n. v;b xro hutuip
. '-il . > - . v.** oh J ntl ti»mj
— ”J i î j o*J;<J au «u4o Ou r ?.m; l iith&'p s.-.m
x.kfrjfjx'} rj b *h .< «» i:> ni. j j, j jü; Jaiûl
,ut)il*yri;cn ,Uicl li • ' — liWJMilfiiufil
au jumtJi t rint>
aal JÎoVvi ire tua t>iu< i //L'ua uo ,i\o Utùmçsa
l / •* if ••
, alwo’ijîi Jitxl mt 1 } | 'U j ,J9,Ü -r I o;iqi*>Ui u ;
;’b bisg : nu .> *>■: î ; u li&tjjfjv*! v m ’ i s- * 9 Îy & f ûoyu ivoih r»*> «Tiihli Moon i+fi iup ôo t^uaL stito*
Souventpar une matinéed’automne, alors qu’il fait si bon de flâner par les plaines, un fusil sur l’épaule , vous avez aperçu à l’horizon un lac immense; vous avez continué votre route, et, arrivé au point où vous aviez vu le lac, vous marchiez sur l'herbe, et vous
IOO
ne voyiez que des vapeurs qui s’exhalaient de la terre; — plus loin, vous vous êtes retourné et vous avez revu le lac avec sa surface unie .
Telle est la vie ; on mourrait de désespoir quand on découvre que ce qu’on avait pris pour but de ses pensées , de ses désirs , de ses rêves, n’existe pas, ou n’est qu’un brouillard auquel la distance donne des formes fantastiques. — Mais comme ilfaut marcher, entraîné que l’on est par la vie , il vient un moment où, en se retournant, on revoit les mêmesprestiges, et, jusqu’au bout de la route, on jette , de temps à autre , un regard d’adieu à ce qu’on croit avoir possédé ; la vie est toute dans ce qui n’est pas encore etdans ce qui n’est plus, — désirs et regrdts.
Ainsi avec quelle ténacité nous nous rattachons aux moindres souvenirs î Quelle iniluence gardent sur nous une mélodie quel- .
quefoissans couleur pour tous, ■— certains aspects du ciel , — la fleur que d’autres foulent aux pieds avec indifférence !
K A D1ÈZE.
lOI
Cela doit vous expliquer à la fois et la manie qui s’empara de Conrad, et notre persévérance à rappeler ces petites tleurs aux pétales d’un bleu de ciel pâle, au feuillage d un vert sombre , qui croissent sur le bord des étangs et des fleuves, et, le pied dans l’eau, suivent le mouvement des petites lames que le moindre vent pousse à la rive.
Comme nousl’avons dit ailleurs, lesSuisses les appellent herbes aux perles , — les botanistes myosotis scorpioides.
Voici pourquoi on les a appelées vergiss mein nicht, c’est-à-dire ne m’oubliez pas.
Dussions-nous nuire à l’intérêt de notre histoire, nous dirons que c’est une des traditions les plus intéressantes que nous ayons jamais entendues.
11 y a un tombeau à Mayence — comme le nom que l’on y avait gravé a été effacé , le tombeau est à la disposition du premier venu d’entre les morts ; mais attendu qu’il est simple, etqu’aucune famille ne pourrait s'enor-
gueillir de l’attribuer à un de ses membres morts , l’opinion générale le lai^e à un ménestrel allemand , musicien et poète , dont on n’a pas même conservé le nom de famille.
Il s appelait Henreich; et comme ses vers, dont nous ne croyons pas qu’ il soit rien resté , étaient tous à la louange des femmes, etsur->
tout à celle de Marie, on l’appelait Henreich frauenlob , c’est-à-dire le poète des femmes. Quand il était parti pauvre pour courir l’Allemagne et chercher fortune au moyen de ses romances et de son talent, Henreich avait laissé à Mayence une tille qui attendait son retour, s’éveillait pâle dans les nuits d’orage, et priait pour lui.
Après trois ans, il revint riche et renommé. Long-temps avant son retour, Marie avait entendu son nom mêlé à la louange et à l’admiration; et, par une noble confiance , elle savait que ni la louange ni l’admiration n'avaient donné à son amant autant de
FA D1ÈZE. Jo3.
bonheur et d'orgueil que lui en donnerait le premier regard de la jeune fille qui l’attendait depuis si long- temps.
Quand Henreich vit de loin la fumée des maisons <Je Mayence, il s’arrêta oppressé, s'assit sur un tertre d’herbe verte, et fit entendre un chant simple et mélancolique — comme le bonheur...
Le lendemain , vers le coucher du soleil , les cloches tintèrent pour annoncer le mari agejde Henreich et de Marie, à la première aurore.
A ce moment, tous deux se promenaient .
seuls sur l’allée qui s étend le long du Rhin.
Ils s’assirent 1 un près de l’autre sur un tapis de mousse, et passèrent de longs et fugitifs instans à se regarder, à se serrer les mains sans rien dire — tant ce qui remplissait leurs âmes était intraduisible par des»
La teinte de pourpre que le soleil avait laissée à f horizon était devenue d’un jaune
pâle, et l’ombre s'avancait sur le ciel, du lef vant au couchant.
Tous deux comprirent qu’il fallait se quitter; Marie voulut fixer le souvenir de cette belle soirée , et montra de la main à Henreich des fleurs bleues sur le bord du fleuve.
Henreich la comprit et cueillit les fleurs , mais son pied glissa , il disparut sous l'eau : deux fois l’eau s’agita , et il reparut, se débattant, écumant, les yeux hors de la tête , — mais deux fois elle ressaisit sa proie.
Il voulait crier; mais l’eau le suffoquait. A la seconde fois qu’il reparut , il tourna un dernier regard vers la rive où était Marie , et sortant un bras, il lui jeta les fleurs bleues qu’une contraction nerveuse avait retenues dans sa main ; mais ce mouvement le fit en- * foncer : il disparut, l’eau reprit son cours , et le fleuve resta uni comme une glace.
Ainsi mourut Henreich Frauenlob.
FA D1ÈZE .
io5
Pour Marie , elle mourut fille , dans une communauté religieuse.
On a traduit 1 éloquent adieu de Henreich, et on a appelé la fleur bleue, A ' ergiss mein nichtj c’est-à-dire ne m’oubliez pas.
Oigitized by l GoOJl^' -
a«Jû , /.i?»f» ^,{rHù :r '« ïjrfftr'. •& &&■ 9iir- i
• Vr • *• .-*. 1 . * • ... • * " • >
>lfrt 4*->v ■■‘ii;i{*:t -îj. éifiÙCtf&'tf •V.**’’*
i ; Sri'ij»' f-L »uo . *
••.,*. '■ * " ’V.^ : A^Mwi» 4'. v-' f - •-*<#; V.Vw •«*
Il I '
iAh” < r
JT . - . * .S, A • ’
iin»
*i . ià& •
' ik
rs
i.f'iH+ l h <ùr:Ki%: n'Mflfbysf- ïM
A c *< ^ • * •. Vï v. £ : • /* ». ,4. -
, **i OTJ ft>b ' » W* **
.t&Müoi»
*«#♦. iô, wfffajiifc* o»