LX.IV
Voici ce qu’il arriva du testament de Conrad Knimpholtz.
On ne pensa pas à prendre l’empreinte de son visage.
Blanche Strœnitz et Athanase acceptèrent les différents legs qui les concernaient et se marièrent.
Pierre Lorrin, l’homme aux lunettes bleues, dépensa ses dix mille florins à faire
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représenter à ses frais un opéra ridicule qui fut joué trois fois.
Les femmes et les filles d’Ober-Wesel, assez heureuses pour se nommer Blanche, reçurent les cinq cents florins et jetèrent au vent le bouquet de bluets.
Le major Keller paria les cinq cents florins à une course qui eut lieu entre le cheval qui lui venait du legs de Conrad et celui d’un de ses amis: il perdit, par une chute qui lui brisa la tête sur une pierre.
Athanase eut soin de revendiquer les dix mille florins légufe à celui qui finirait l’air :
Au Rhin! an Rhint...
Au Requiem qui fut chanté pour Conrad, une seule personne pleura : ce fut la fille du savant, qui, moyennant la petite somme que lui avait valu son nom de Blanche, se compléta une dot et se maria.
Au lieu des fleurs que Conrad Krumpholtz
avait demandé qu’on cultivât sur sa tombe, Blanche et Athanase crurent devoir mettre une énorme colonne où l’on grava l’éloge du mort et les regrets de tom ceux qui Variaient connu.
On interpréta mal ce soin des deux héritiers : on prétendit qu’ils n’avaient chargé le corps de Krumpholtz de cette lourde colonne que dans la crainte que la terre ne lui fût trop légère^ et qu’il ne sortît de son tombeau.
Pour nous, sans vouloir médire de Blanche et d’ Athanase, nous nous permettrons seulement d’affirmer, en thèse générale,
Que :
Quelque grande que soit la douleur pieuse d’un héritier, elle n’égale p^ celle qu’il ressentirait si l’homme dont*. il pleure la mort revenait à la vie.