‹ Fa dièzeChapitre 9 sur 16 · DU LIVRE · texte numérisé non relu

DU LIVRE

Entre autres choses que nous ne savons pas, il faut en première ligne mettre la géographie; notre ignorance sur ce point est telle, — qu’à Paris il nous serait bien difficile de nous transporter sans guide de la Chaussée-d’Antin à la rue du Bac.

Ainsi, pour suivre poste par poste le ba-

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ron Conrad et son esclave Athanase, nous faudrait-il copier quelques pages d’un itinéraire ou d’un manuel géographique, ou faire des efforts de mémoire qui n’aboutiraient peut-être qu’à nous induire en quelque erreur qui nous exposerait au mépris des postillons ou des commis-voyageurs entre les mains desquels le présent livre aura l’honneur de tomber.

C’est pourquoi nous allons les laisser faire leur chemin en vous avertissant seulement de temps en temps de ce qui leur arrivera de plus important, jusqu’au moment où il nous semblera bon de reprendre leur histoire, ce qui ne sera pas long, attendu que nous n’avons que quelques mots à vous dire, ô lecteurs, en dehors de notre narration.

L'an passé il nous prit fantaisie, un matin, d’aller passer la journée à quelques lieues de la ville ; le lieu nous plut, nous y

retrouvâmes de vieux amis à nous, pécheurs et mariniers, et nous nous tlmes apporter notre hamac et deux gros clous, de telle sorte que nous fûmes trois mois sans rentrer à la ville.

En route Cîonrad prenait un bouillon dans sa chambre, et Athanase mangeait à table d'hôte, étonnant tout le monde par la franchise et le laisser-aller de ses manières.

Un jour il prit un chapon; les voyageurs le laissèrent faire avec cette reconnaissance intérieure que l’on sent en voyage pour l’homme qui découpe.

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En effet, avec une remarquable dextérité il enleva une aile, la mit sur le plat, et laissa sur son assiette le reste du chapon qu’il dévora en huit minutes.

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