‹ FabianaChapitre 17 sur 68 · LE FEU SB JOIE · texte numérisé non relu

LE FEU SB JOIE

maison. Les portes et les fenêtres étaient closes , on n'entendait aucun bruit au de* dans, une obscurité profonde régnait aux environs; seulement l'allée de citronniers qui aboutissait au péristyle s'illuminait par moments d'une clarté rougeâtre ; c'était celle d'un grand feu de joie allumé devant une villa voisine, la villa du seigneur comte d'Agarva, alguazil-mayor de Séville.

La Fabiana allait se retirer, lorsqu'elle aperçut, en levant les yeux, une faible lueur derrière les vitrières du dôme. Elle frissonna ; tous ses soupçons revinrent, d'autres encore plus poignants se présentèrent à son esprit : elle avait vu si souvent cette lampe d'argent brûler jusqu'au matin dans la chambre de Salvador ! Alors , folle de douleur et de jalousie , elle franchit les degrés du péristyle et frappa bruyamment à la porte.

En ce moment, la vieille Marcia était seule dans une des salles d'en bas, et faisait tran-

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quillement collation avec un pâté et une bouteille de vin de Xérès. D'abord, elle ne bougea pas ; puis, comme Fabiana continuait à faire résonner coup sur coup le marteau de bronze , elle se leva en grommelant , et alla voir ce que c'était par la fenêtre grillée du vestibule.

— Oh ! oh ! dit-elle en apercevant la forme svelte d'une jeune femme : que venez-vous faire ici, la belle? que voulez-vous?

— Je veux parler à votre maître , à don Salvador de Manrique , répondit la Moresse d'une voix altérée ; je veux lui parler surle-champ.

— Don Salvador n'est pas mon maître, je ne suis la servante de personne, répliqua aigrement la vieille fenune, fort scandalisée de la méprise ; on n'a que faire de vous céans, ma mie...

— Il faut que je voie don Salvador! interrompit Fabiana en reprenant le marteau

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