‹ FabianaChapitre 2 sur 68 · GIT VIEUX MARI · texte numérisé non relu

GIT VIEUX MARI

besse une pièce d'orfèvrerie, il vit au parloir une jeune fille d'une beauté si rare, qu'il fut tout saisi à son aspect d'ètonnenlent et d'admiration. En sortant, il ne manqua pas de demander à la sœur tourière le nom de cette belle enfant : elle s'appelait Flérida , et comme elle était orpheline et fort pauvre, elle devait entrer en religion dans ce couvent où elle avait été élevée.

Depuis longtemps le vieil orfèvre s'ennuyait seul dans sa boutique, et tout à coup il pensa que la présence d'une femme égayérait sa maison ; il pensa aussi qu'il pourrait lui venir un enfant auquel il laisserait ses millions, et ces deux grandes raisons le décidèrent. Flérida devait prendre l'habit de novice le jour qu'elle aurait seize ans accomplis, et ce jour allait arriver dans trois mois. L'on s'apercevait depuis quelque temps qu'elle n'avait pas une grande vocation pour la vie religieuse, l'on en chuchotait dans le

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couvent ; le père directeur avait même été averti par M™" Fabbesse, et il tâchait de relever cette âme attiédie, par ses exhortations. Ce fut sur ces entrefaites que micer Bonifacio Moreno alla trouver un vieux chantre, oncle de Flérida, et lui fit sa demande. Le pauvre bénéficier courut à la grille, et dit simplement à sa nièce : — Flérida, demain, si tu veux, tu quitteras le couvent, tu auras de beaux habits , des joyaux conune une reine, tu seras riche autant que la plus riche dame de SévîUe... Voyons ; le veux-tu?

La jeune fille ne répondait rien, tant elle était saisie d'étonnement ; elle regardait son vieux parent d'un air stupéfait, et murmurait :

— Jésus-Maria ! serait-il possible !... Que dites-vous là, seigneur don Blas?

— Je dis, reprit le chantre, que tout cela arrivera si tu veux épouser le riche orfèvre micer Bonifacio Moreno.

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