Chapitre
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La Moresse reprit le chemin de la villa en présenlaiit au souffle du vent le Inrandon qu'elle tenait à la main. Ce bois résineux flambait c<»nme une torche , et sa lumière rougeâtre, en éclairant la sombre allée de citronniers , réveilla les oiseaux endormis
116 FABUHA.
SOUS ces profondes fenillées. De faibles gazouillements s'élevèrent de tous côtés, les arbres agités par le vent projetèrent leurs ombres mouvantes sur la façade de la viUa ; Fabiana épouvantée s'arrêta un moment.
Onze heures sonnaient à l'horloge de la Chartreuse. Un souvenir soudain revint au cœur de la Moresse : la veille, à cette même heure, don Salvador l'avait quittée avec des regrets menteurs , des paroles d'amour qu'il répétait maintenant aux genoux de sa nouvelle maîtresse.
La Moresse fit rapidement le tour de la villa et regarda encore aux vitrières du dôme : une clarté plus vive glissait entre les rideaux pourpres et jetait comme un reflet rose au milieu de cette sombre nuit. Fabiana recula d'un pas en rejetant sa mante en arrière, et lança d'une main sûre le brandon enflammé à travers le châssis ouvert de la fenêtre. £n ce moment , une bouffée de