‹ FabianaChapitre 28 sur 68 · LE MA8QVE OS CIRE · texte numérisé non relu

LE MA8QVE OS CIRE

C'est lui qui m'a sauvé la vie... Oh!... que ne me laissait-il mourir !... Il ne me rendra pas à mieer Bonîfacio si je veux être sa maitresse...; sinon, aujourd'hui même, dans ma maison, en présence de mon mari, il dira où il m'a trouvée cette nuit... Tu vois bien que je suis perdue, car je ne rachèterai pas ma réputation et ma vie à ce prix!

— Mais vous allez échapper à don Pedro d'Agarva, dit la Moresse avec résolution; vous allez sortir d'ici , ma marraine, si vous avez la force et le sang-froid de faire ce que je vais vous dire.

En achevant ces mots elle montra le masque de cire qu'elle avait caché sous sa mante.

— Avec ceci sur le visage , couverte de ma saya et de ma mante, vous pouvez sortir d'ici , reprit-elle ; me comprenez-vous ?

-^ Oui , reprit Flérida.

— Eh bien ! levez-vous. . . Le temps presse , deux femmes sont là, dans la galerie, à vingt pas de nous. Don Pedro d'Agarva pourrait venir... Courage , ma marraine , c'est le seul moyen de salut.

— Je le tenterai , dit la jeune femme en se rattachant à cet espoir avec le courage d'une si terrible situation. Notre-Dame des Douleurs , venez à mon aide ! Je fais vœu , si vous me sauvez, de donner à ^votre sainte image une couronne d'or massif et les cinq gros diamants de mon collier !

La Moresse avait été sa saya et sa mante ; elle rhabilla en silence Flérida , qui se laissait faire et promenait autour d'elle des regards égarés. Les duègnes jouaient toujours dans la galerie , et les rideaux baissés empêchaient qu'elles vissent ce qui se passait derrière le lit. Fabiana enveloppa la jeune femme de la saya et de la mante, elle lui mit sur le visage le masque de cire . puis , reculant d'un

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pas , elle la regarda et dit en lui montrant la porte :

— Vous pouvez sortir , maintenant.

— Et toi? demanda Flérida.

— Je vais rester à votre place , répondit la Moresse en s'asseyant sur le lit. Partez , partez , ma marraine. Si ces femmes vous parlent, si quelqu'un vous arrête, répondez hardiment ; personne ici ne connaît bien votre voix ni la mienne... Allez , allez vite , ma marraine , et que Dieu nous assiste en ce moment!...

Flérida fit un pas dans la chambre; puis elle rentra précipitanmient sous les rideaux, et dit d'une voix mourante :

— J'ai peur!...

— Mais vous voulez donc que don Pedro d'Agarva nous U*ottve toutes deux ici ! dit Fabiana avec une sorte de violence. Ma marraine , allèz-vous-en , passez hardiment devant tout le monde. .. Et quand vous serez

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loin, ôtez le masque... Mais, au nom de votre salut étemel , partez ! il n'y a pas un moment à perdre...

— Adieu ! prie pour nous ! murmura la jeune fournie d'une voix étouffée; et, croisant sa mante, elle sortit de la chambre. Le péril même de cette situation lui rendit son sang-froid ; elle marcha d'un pas ferme , et sans se hâter ; en passant devant une glace , elle y jeta un regard ; puis , elle se tourna brusquement ; l'illusion était complète ; ellemême avait cru voir la Fabiana derrière elle.

Les duègnes jouaient toujours, et la Gâtalina demanda sans se déranger :

— Eh bien , que vous a-t-elle dit?

— Rien; elle dort très-profondément, répondit la jeune femme sans s'arrêter; je reviendrai.

— Cela n'est pas nécessaire , lui cria la duègne; puis elle ajouta plus bas : Je ne

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