‹ FabianaChapitre 29 sur 68 · LE HASQUE OE CIBE · texte numérisé non relu

LE HASQUE OE CIBE

sais pas si sa seigneurie souffrirait que cette péronnelle se montrât souvent ici. Bien des gens disent que le vieux Santi-Belli lui avait enseigné des secrets de magie.

— Jésus ! cela serait possible ! Je ne l'aurais

pas laissée entrer , si sa seigneurie ne lui

eût dit devant moi, cette nuit, de revenir

ce matin, répondit Tautre duègne en se

. signant.

Flérida descendit lentement Tescalier ; le cœur lui battait avec une extrême violence ; mais sa vue était nette , sa démarche assurée ; elle était soutenue par ce qui donne rénergie et le courage aux faibles , par le péril même de sa situation. Personne ne se trouva sur son passage jusque sur la terrasse; mais là elle rencontra don Pedro d'Agarva lui-même ; il venait de se lever , et il prenait son chocolat assis au frais sous les arbres; quelques valets allaient et venaient pour le service ; tous virent descen-

dre la jeune femme. £lle fit la révérence en passant devant Talgnazil-mayor , et elle allait poursuivre son chemin lorsqu'il dit en fronçant le sourcil :

— Tu es déjà montée là-haut ! Est-ce que tu as vu cette femme? Est-ce que tu la connais?

— Non , seigneur, répondit-elle : j'avais cru la reconnaître cette nuit quand vos gens . remmenaient; mais je m'étais trompée...

La pauvre créature dort en ce moment ; je ne l'ai pas réveillée.

— C'est bon , dit l'alguazil-mayor en se tournant pour la regarder ; sur mon âme !

on a bien fait de te surnommer la belle Moresse; mais je sais une femme |^ encore plus belle que toi , c'est celle qui dort làhaut.

En disant ces mots, il la congédia du geste. Flérida s'éloigna; quand elle fut hors de vue , elle avança encore sa mante sur son

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