LE HASQCE DE CIRE
visage, et se mit à marcher plus vite, ne sachant si elle suivait le bon chemin, et haletante de frayeur. Enfin elle se trouva en face du pont. Alors elle s'assit un moment à l'écart , ôta son masque , le cacha sous les plis de sa mante , puis elle poursuivit sa route. Il était midi quand elle arriva chez micer Bonifacio. Le vieil orfèvre n'avait pas dormi de la nuit , et depuis le matin il était sur le seuil de sa boutique, attendant avec une mortelle impatience et de cruelles appréhensions. Quand il vit arriver Flérida toute seule, il faillit tomber à larenverse.
— Où est dona Marcia? s'écria-t-il ; pourquoi l'avez-vous quittée? Par les clous de la vraie croix , vous ne scurtirez plus de votre vie!
— Mon cher seigneur , ne vous fâchez pas, répondit Flérida tremblante; nous avons passé toute la nuit au couvent des Fil-
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les de la Croix , et en sortant de la messe ce matin , nous nous sommes trouvées au milieu d'une si grande foule, que j'ai perdu dona Marcia ; après l'avoir bien cherchée , je suis revenue ici toute seule , craignant que vous ne fussiez en souci.
— Rentrez ! rentrez ! s'écria micer Bonifacio avec emportement. Voilà comment dona Marcia gouverne les jeunes femmes ! je me fierai à elle une autre fois! sur mon âme , je ne lui conseiUe pas de revenir ici.
Comme vous voilà ! vous êtes toute défaite et blême comme une morte ! et votre éventail , et votre missel , qu'en avez-vous fait?
— Je n'en sais rien ; je les ai perdus dans la foule.
— Sainte mère de Dieu ! un éventail à baguettes incrustées, un missel avec des fermoirs en or mat, tout ce qu'il y a de plus riche! On vous les aura volés. Encore si vous n'aviez rencontré que des larrons, mais