LE MASQUE DE CIRE
je suis sur que plus d'un cavalier vous a parlé !
— Mon cher seigneur , vous vous trompez.
— Dieu le fasse! AUons, rentrez sur rheure !
Elle essaya d'obéir; mais les forces lui manquèrent. En passant le seuil de sa chambre , elle tomba à genoux , en disant d'une voix plaintive : « Que je soufb^e, mon Dieu ! » Guiomar et les servantes accoururent tout éplorées pour la relever. Micer Bonîfacio, la voyant ainsi défaillante et pâle comme une morte, pensa que c'étaient ses reproches qui l'avaient mise en cet état , et lui dit d'une voix radoucie :
— Allons, ma chère âme, je vous crois, et je vous pardonne. Mais quant à la Marcia, je lui en voudrai toute ma vie ! Ne parlons plus de cela ; pareille chose n'arrivera plus, je vous le promets. Je vais à la boutique ,
12S8 PABIANA.
OÙ, Dieu me soit en aide ! il n'y a personne depuis un grand quart d'heure. Reposezvous un peu , et prenez votre chocolat ; je suis sûr que vous êtes encore à jeun, et que c'est là ce qui vous rend si pâle !
Quand il se fut éloigné , Flérida dit à la duègne de se retirer, et ferma au verrou la porte de sa chamhre ; ensuite elle se tratna jusqu'à un petit cabinet pratiqué dans l'épaisseur du mur ; c'était là qu'elle tenait ses joyaux, et micer Bonifecio lui laissait la clef de ce trésor , qu'il prenait plaisir à augmenter sans cesse ; elle ouvrit d'une main tremblante la porte doublée en fer, et déposa au fond d'un coffre de laque le masque de cire de la Fabiana ; puis elle vint s'agenouiller au pied de son lit , et là , le front courbé , les yeux baignés de larrae»^ elle se mit à prier Dieu.