‹ FabianaChapitre 33 sur 68 · PAUL A GUSTAVE · texte numérisé non relu

PAUL A GUSTAVE

Aux Charmilles, le 6 mai 18...

« Eh bien ! Gustave, tu Favais prédit ; je ne passerai pas l'année, je me marie; que veux-tu ! il faut faire une fin; j'ai vingt-cinq ans, et quand j'attendrais jusqu'à trente, qu'y gagnerais'je? quelques années de liberté que peutêtre j'emploierais mal; et puis, je suis amoureux..., c'est-à-dire, j'ai été amoureux pendant quinze jours de la femme que je vais épouser. Alors, je n'osais prendre une résolution ; je me méfiais de moi-même ; à présent que je suis de

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sang-froid, tout à fait de sang-froid, il me semble que ce que je vais faire est parfaitement convenable, et je m*y décide sans peur; si c*est une folie, je t'assure qu'on ne saurait la faire plus raisonnablement. Pour que tu en conviennes, il faut que je te raconte ce qui m*est arrivé depuis un mois.

Tu m'as vu partir pour cette terre de mon oncle, où je suis appelé à passer chaque année trois ou quatre mortelles semaines au milieu des plaisirs de la campagne. Ce n'est pus ma faute, certainement, si la chasse me fatigue, si le whist me donne des tiraillements de nerfs, si les parties de pèche et de promenade me causent un mortel ennui. Je m'ennuyais donc, je m'ennuyais beaucoup lorsque j'appris , par hasard, que nous avions pour voisine de campagne M™® de La Javy ; te rappelles-tu M"**' de La Javy? C'est celte petite femme si jolie, si blonde, si élégante, que nous avions remarquée au bal de la comtesse D... Elle arrivait alors d'Allemagne; et toute Française qu'elle nous parût, elle n'avait jamais quitté Vienne avant de venir à Paris Thiver dernier. Son père, le marquia de Savenay, avait épousé une Allemande; elle mourut jeune en lui laissant cette fille unique qui fut élevée dans sa famille ma*

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