‹ FabianaChapitre 41 sur 68 · GE0B6KS · texte numérisé non relu

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de ce chaogement de fortune ; à mon âge, on n a plus besoin de luxe, de plaisirs; je me trouverai toujours bien entre toi et Thérèse, notre bonne Thérèse.

A ces mots, il serra contre sa poitrine les mains réunies de son fils et de sa nièce; puis il reprit d'une voix moins émue : Allons, soyons calmes; retire-toi, Georges, va, mon ami, tâche d'avoir une bonne nuit. Moi, je sens que je dormirai. I>emain, s'il fait beau et que Lara soit guéri, nous sortirons un peu ; il y aura du gibier. Bonsoir, Thérèse, allez vous reposer aussi ; nos chagrins vous font bien du mal.

— Oui, bonsoir, mon père, à demain, dit Georges, d'un air presque heureux, tandis que Thérèse embrassait silencieusement le marquis.

Us sortirent ensemble et traversèrent sans se rien dire la longue file d'appartements qui précédait la chambre à coucher du marquis.

En passant dans le salon, Georges leva les yeux sur le portrait d'une femme jeune encore et dont le doux visage semblait se pencher vers lui et sourire avec mélancolie; il soupira profondément et murmura : iMa mère ! oh ! elle est morte à temps.

— Georges, vous ne me quitterez pas encore,

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dit Thérèse, en le Élisant entrer dans sa cham* bre; vous avez besoin de me parler...

•— Oh ! oui ; car je suis bien malheareox, s'écria -t -il en .cachant son visage dans $es mains ! mon père, mon pauvre père ! si vous saviez, Thérèse, ce que je souffre pour lui ! oe n'est que d'aujourd'hui , que de ce soir, que j'ai vu nettement notre position... jusqu'ici, je ne sais, il me semblait qu'il y avait en oe monde une justice , qu'il y avait au ciel une Provi* dence, et que nous ne pouvions pas être dépouillés !••. A présent la conGance et l'espoir m'abandonnent; je ne vois plus devant noua qu'un abîme de misère... je n'aurais pas peur si je devais y tomber seul; mais mon père, mais vous, Thérèse!

— J'ai été éprouvée par de plus cruels revers, dit -elle avec une calme résignation; Georges, quand la conscience est tranquille, quand on peut marcher le front levé, on n'est jamais entièrement malheureux.

Georges secoua la tète, et dit en la regardant tristement : Pourtant, vous avez bien soofiert, vous!

— Il est vrai, mais dans les plus cruels mo* ments de douleur et d'abandon , je ressentais encore des consolations intimes et puissantes.

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