‹ FabianaChapitre 45 sur 68 · GI0I · texte numérisé non relu

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Thevenet n'avait fait emporter que le portrait dç la marquise de Roqueville. Le salon de la petite maison de Neufchàtel avait des meubles en bois de noyer, de vieux fauteuils profond» et commodes ; ses seuls ornements étaient le piano de madame Neal et le portrait de la marquise ; mais un ordre parfait, une minutieuse propreté, en dissimulaient la simplicité presque pauvre.

Pendant les premiers temps , on put croire que le marquis était résigné ; il avait prié le notaire de se charger entièrement de ses affaires et il ne voulait plus qu*on lui en parlât, non plus que des Roqueville-Bearn. 11 était d*une humeur douce, égale, et semblait encore plus affectueux qu'autrefois pour son entourage ; mais Georges ni Thérèse ne s*y trompèrent point, et souvent quand le marquis leur parlait avec une apparence de gaieté ils échangeaient de tristes regards.

Georges supportait avec courage cette nou-^ velle vie, et d'abord il ne s'aperçut guère des privations que lui imposait le changement de sa fortune. Tous les matins il sortait avec Lara et faisait une longue promenade ; le reste de «a journée s'écoulait dans un cercle d'occupa* lions douces et monotones; il lisait et travail*

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lait ; le soir, il faisait ordinairement un peu de musique avec madame Neal, puis il jouait aux échecs avec son père. Parfois, cependant, Thérèse le surprenait morne, la tète baissée, le regard fixe et animé d'une sombre colère. Alors elle lui disait doucement : Georges, vous avez encore parlé de ces gens-là avec M. Tfaevenet! Pourquoi ces regrets, cette sourde irritation? Allez, le mépris est le seul sentiment qu'ils doivent vous inspirer! laissez -les triompher dans leur infamie ; que vous importent ce qu*ils disent, ce qu'ils font !

— Les misérables ! murmurait Georges ; ni le père ni le fils n'oseraient nous regarder en face!

Thérèse fut plus tranquille quand elle sut que les Roqueville-Bearn allaient partir pour Paris. Un jour M. Thevenet lui annonça cette bonne nouvelle. — Ils verront encore la On de cette fortune, dit-il, je sais qu'ils ont déjà des embarras. Malgré leur richesse, ils n'ont pas grand crédit; on les méprise. Les honnêtes gens n'acceptent pas leurs invitations; on ne voit au château que des gens tarés comme eux. Savez-vous qu'ils ont renoncé à la moitié de leur nom ! Ils se font appeler de Bearn tout court; c'est pitoyable! M. Gaston de Bearn

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