‹ FabianaChapitre 55 sur 68 · GB0B6B · texte numérisé non relu

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nant, après avoir traversé plusieurs pièces qui ne s'ouvraient qu'aux jours de réception. Le domestique qui précédait Georges et M. de Malvalat, une bougieà la main, remarqua avec quelque étonnement que la porte de 1 escalier était ouverte.

— Est-ce que quelqu'un est venu ici ? dit-il ; mademoiselle, peut-être?

Ils montèrent ; tout était silencieux en haut; il n'y avait personne dans la bibliothèque. La bougie éclairait à peine cette pièce assez semblable à une chapelle gothique. La voûte en ogive était ornée de pendentifs, une magnifique collection de livres tapissait les murs^ et leurs reliures dorées éclataient sur les sombres panneaux en bois de noyer sculpté. Au milieu il y avait une table couverte d'objets d'art et de curiosités. Une ample portière baissée devant les deux battants d'une porte curieusement ouvragée en cuivre, cachait l'entrée de la seconde pièce qui servait de cabinet de travail.

— C'est singulier! dit Albert, il y a ici comme une odeur de tabac fumé; on dirait que M. de Bearn y a passé! Et comme Georges ne répondit rien, il ajouta : Quel sot et vulgaire personnage que ce M. de Bearn ! il a une ma-

nière de regarder les gens qui donnerait enyie de lui faire une impertinence.

Georges fit un mouvement de tête plein d'assentiment et resta debout contre la table, tandis que M. de Maivalat parcourait les rayons de la bibliothèque en disant : Je ne suis pas querelleur; mais si je me retrouve jamais en face de ce grand monsieur autre part que dans le salon de madame d'Aire, peut-être ne résisterai-je pas à l'en vie de lui donner une leçon de savoir-vivre.

— En ce cas, tenez-moi pour votre second ^ dit froidement Georges.

— On n'y voit pas trop clair ici, murmura M. de Maivalat, en rapprochant la bougie pour parcourir les titres du regard.

— Allumez cette autre bougie, dit Georges en prenant un flambeau éteint sur la table.

— Qui estcequi a laissé ce chandelier d'argent ici? s'écria le domestique étonné, je l'avais mis ce soir dans la galerie.

£n se retournant, Georges ramassa quelque chose de blanc devant la table; c'était un mouchoir de batiste qu'il reconnut au léger parfum dont il était imprégné, et que, par un mouvement instinctif, il se hâta de cacher sur sa poitrine.

S0O CMBfilS.

— Elle est yeoae ici , pensa-t-il ; elle y est Teone anjoord*hui; mon INea ! pourquoi? pour y pleorer librement, peut-être, comme dans les allées du parc !

M. de Malyalat continuait à parcourir les rayons de la bibliothèque, ouvrant quelques livres, lisant de cèté et d^autre quelques pages, et faisant tout haut ses commentaires, tandis que Georges Fécoutait, pensif, et serrant sous sa main le mouchoir d^élène.

— Ah mon Dieu ! nous nous oublions ! dit tout à coup M. de Malvalat ; que doivent dire ces dames? il y a au moins une grande demiheure que nous sommes ici ! Voilà les Lettm d^une Péruvienne^ c*est ma foi ce que j*ai trouvé de plus intéressant.

Quand ils rentrèrent au salon, Georges chercha Hélène du regard ; elle n'était pas encore revenue ; personne autre que lui ne parut s*en apercevoir. Il vint près de madame Dubourjas, qui depuis un moment Fobservait en silence.

— Mon cher fils, lui dit-elle tout bas, c'est un des privilèges d^une vieille femme, de recevoir à toute heure qu'il lui plaît ; entrez chez moi ce soir avant de vous coucher, nous causerons.

Un quart d*heure après, Hélène rentra dans

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