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millej» ; you$ vous eatreteDez*avec mon père de raccueîi que m'a fait madame d'Aire; vous vous réjouissez de la bonne hospitalité que j*^i re-> çùe dans cette maison. Hélas! un sort fatal, les folies de mon propre cœur, ont bieotèt troublé le bonheur tranquille et doux que jV vais retrouvé dans cet intérieur qui m*a un instant rappelé le nôtre, Thérèse. Oui, un instant il m*a semblé n'avoir rien perdu, il m'a semblé que j'étais encore Theureux Georges de Roqueville, celui dont la vie était si paisible, si pleine de prospérités, et dont l'avenir semblait si beau ; mais ce bonheur était comme un rêve, au milieu duquel la rude main du malheur m'a réveillé.
n Vous ne me comprenez pas, Thérèse ! je vous parais fou , mon Dieu ! ou peut-être m'avez-vous deviné? £h bien! oui, il est vrai, j'aime Hélène ! Allez , c'est malgré moi ; je ne me suis pas livré à cette passion insensée ; elle s'est emparée de moi subitement, presque à mon insu, sans que j'aie eu le temps de m'en défendre. J'ai fui, je suis revenu ici, dans cette chambre nue et solitaire, où j'étais triste sou* vent, mais oii je travaillais du moins l'âme tranquille. J essaie d'oublier, de reprendre mes anciennes et laborieuses habitudes, d'accoutu-
iu€r encore mes yeux à cette pauvreté, mon cœur à cet isolement ; j*y parviendrai. Quand je me trouverai mal ici , Thérèse , je me souviendrai de ce que j*ai souffert pendant les der< niers jours quej*ai passés aux Charmilles. Madame d'Aire vous Tannoncera bientôt, mon amie : Hélène va se marier avec un homme qu'elle aime, avec un homme fort digne d'elle. J'espère qu'elle sera heureuse; elle est environnée de tous les avantages qui peuvent assurer un long et inaltérable bonheur. Et cependant, Thérèse , il y a dans celte belle destinée quelque malheur que je ne puis deviner, que tout le monde ignore. Hélène a une peine secrète et profonde , je l'ai vue pleurer ! Mais ses chagrins passeront; elle les confiera à celui dont elle sera bientôt la femme, il l'en consolera. Moi, j'avais pour ainsi dire surpris ses larmes ; elle ne m'a rien dit, je ne sais rien. Oh ! si elle avait compris quel ami fidèle et sûr elle a en moi , elle m'aurait tout confié. Mais non, elle ne le pouvait pas , elle ne le devait pas...; à quel titre obtiendrais-je son amitié, sa confiance? Je ne suis pour elle qu'un étranger. » Vous le voyez , je suis bien malheureux , mon amie; mais j'aurai du courage contre cette passion insensée; je sais pour quels devoirs je
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dois vivre ; je serai digne de mon père , de voue....
» Adieu, Thérèse, écrivez- moi-, songez que vos lettres seront ma consolation, la seule joie de mes longues journées de travail; vous avez vu jusqu*au fond de mon pauvre cœur; je vous en ai montré les blessures. Hélas , guérissezmoi! »
Un moment après, Clodomir rentra.
— Mon voisin, dit-il, savez -vous que Lara a des connaissances à Paris? Nous étions allé ensemble manger une brioche, en regardant Tobélisque. Tout à coup je vois sauter devant nous un magnifique chien tout semblable au vôtre, qui se met à nous faire fête. Certainement lui et Lara se sont déjà vus quelque part. Malheureusement la reconnaissance n*a pu être longue ; le maître du chien , un grand monsieur, assez bel homme, qui allait à cheval vers les Champs-Elysées, Ta rappelé et ils sont partis tous deux au galop... Le chien s'appelle Stop.
— C'est étrange ! dit Georges en changeant de couleur. Est-ce que M. de Malvalat ne serait plus aux Charmilles !
L'AHITIÉ D*CnE VIEILLE FEHHB.
Le cœur de Georges s'affermit eofio contre son malheur; il reprit ses habitudes labo< rieuses, il se remit à suivre sa pénible carrière avec résignation et courage. Parfois cependant il avait encore de sourds désespoirs, des défaillances de volonté contre lesquelles il lui fallait lutter longtemps. Il redoutait tout ce qui pouvait réveiller vivement en lui le souvenir d'Hélène; ce souvenir qu'il avait d'abord si souvent rappelé, cette image adorée à laquelle
il parlait daos ses longues rêveries , lui faisaient mai maintenant; il éloignait de lui, autant que possible, tous les vestiges qui lui restaient de son séjour aux Charmilles. C'était ainsi qu'il avait caché, enfermé pour ne plus la regarder, sa plus chère relique, ce mouchoir ramassé dans la bibliothèque , et qu'il avait cru sentir humide des larmes d'Hélène. Au milieu de celte espèce de calme , il redoutait un moment douloureux et bien prévu, le moment oiî il apprendrait le mariage de mademoiselle d'Entrevaux ; vingt fois, quand Thonnéle Rigolet entrait le matin chez lui, sa casquette de loutre d^une main, une missive de Pau tre, il avait frissonné en songeant que c'était peutêtre une lettre de faire part; et cependant il lui semblait qu'une entière certitude lui ferait moins de mal que les doutes où il tombait parfois quand il pensait à la rencontre que Clo* domir avait faite aux Champs-Elysées, quand il en venait à supposer que ces projets de ma* riage étaient peut-être rompus, et que M« de Malvalat avait quitté les Charmilles. Un jour il dit à Ciodomir, qui était fort attristé de le voir se réviser à toute autre distraction que celle d'un travail opiniâtre : Mon cher DumiUet, je ne serai tout h fait tranquille que quand j'aurai
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la certitude qi|*eUe est mariée; tant qu'elle ne l'est pas , il y a en moi comme un espoir qui me tourmente. M, de Malvalat est^il à Paris?
est-ce bien lui que vous avez rencontré un jour? Je donnerais tout au monde pour le savoir.
— Bah ! murmura Clodomir , cela ne me parait pas tout à fait impossible •
Un moment après, il sortit, Georges se remit au travail ; avant de rouvrir ses livres , il leva un moment les yeux vers la fenêtre. 11 faisait dou?L dehors; un cojp du ciel, encadré par les toits et les tuyaux de cheminée, rayonnait sur la rue des Maçons-Sorbonne , et dans son azur sombre et profond volait joyeusement une troupe d'hirondelles.
— Hélas ! pensa Georges , qu'il doit faire beau aujourd'hui aux Charmilles, sous les longues allées du parc, à l'ombre des tilleuls!
Au bout de deux heures , Clodomir rentra tout essoufflé.
— Mon voisin , dit*il d'un air triomphant , savez-vous d'oij je viens? de chez M. de Malvalat ! *
— Ah mon Dieu ! dit Georges effrayé , et qu'étes-voQs allé faire là, Dumillet?
— Parbleu ! je suis allé savoir ce qui vous