‹ FabianaChapitre 59 sur 68 · H. ARNAUD · texte numérisé non relu

H. ARNAUD

2^2 GEOaCiES.

intéresse, et je ne in*y suis pas trop mal pris , allez ! On n^est plus un enfant blond au berceau ; on sait son monde , et quand on veut , on ne fait pas trop de bêtises ! D'abord, je suis allé lire TÂlmanach des vingt-cinq mille adresses, et y Y ai trouvé M. le baron de Malvalat, rue de TUniversité. Alors j*ai boutonné ma redingote, j*ai mis mes gants jaunes , et je suis parti. J arrive rue de l'Université. Un bel hôtel, grande porte cochère, et je parle au concierge.

— M. de Malvalat? — M. le baron est sorti.

— Âh ! il est donc à Paris! j*en suis charmé ; je craignais qu'il ne fût à sa campagne. — M. le baron est de retour depuis environ quinze jours. — C'est bien ! je reviendrai. A ces mots, je m'esquive, et me voilà. Vous le voyez , c'était bien lui et son chien que nous avons rencontrés se promenant aux Champs-Elysées.

— Je m'y perds , murmura Georges. Peutêtre est-il revenu pour les arrangements, les préparatifs du mariage.

— En tout cas, rien n'est encore fait; il y a encore de l'espoir, vous disje !

— Quel espoir, mon Dieu ! Merci, mon bon Du millet, merci de ce que vous venez de me dire; mais en vérité, je serais bien fou de m'en rejouir î

— Voilà! voila! s'écria Clodomir, d'un air d'affection grondeuse, vous allez vous tourmenter encore ! Que dirait votre père, que dirait cette bonne madame Neal, qui vous aime tant, si elle vous voyait ainsi prendre toujours les choses au pire, et maigrir à vue d'œil ?

— Vous avez raison, Dumillet, répondit Georges avec un long soupir; j'ai des devoirs qu'il ne m'est pas permis d'oublier, et à l'accomplissement desquels je dois avant tout dévouer ma vie.

Le même jour, il reçut deux lettres. Tune de Thérèse, l'autre de M. Thevenet le notaire. Madame Neal n'essayait pas de raisonner avec lui et de lui prouver que son amour était une folie, elle se bornait à le plaindre et à le consoler avec cette douceur, cette tendresse infinie dont son cœur connaissait si bien le langage. Le notaire écrivait h Georges :

«i Monsieur le comte , d'après l'état de vos revenus, il serait aisé d'ajouter un supplément aux deux cents francs que vous touchez par mois il Paris. Nous avons assez bien fait vos affaires ici ; tout compte fait, il me reste entre les mains une quarantaine de mille francs, sur lesquels nous ne devons pas une obole. Voilà donc une petite fortune, claire, sAre, et honorablement

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