‹ FabianaChapitre 63 sur 68 · Ô8 GB0K6KS · texte numérisé non relu

Ô8 GB0K6KS

ajouta-t-e1le en se tournant vers Georges, mademoiselle cITntreTaux est malade, si l'on peut toutefois appeler une maladie la mélancolie qui s*est emparée d*elle. Depuis quelque temps elle fuit le monde ; elle a supplié la comtesse de ne plus inviter personne à venir ici ; tous ces petits devoirs qu'impose la présence des étrangers dans une maison, la fatiguent et la jettent dans de sourdes impatiences. Pourtant elle a fait une exception en votre faveur, et la nouvelle de votre arrivée a paru lui causer quelque satisfaction.

— Pauvre Hélène ! dit la comtesse avec un profond soupir; ah ! M. de Roqueville, tout ceci me rend bien malheureuse !

Le cœur de Georges se serra ; ce qu'il voyait lui causait une pénible surprise; ce grand salon brillamment éclairé et presque vide, cette solitude, cette tristesse dans ces lieux qu'il avait vus naguères si animés ,011 une société choisie et nombreuse recevait un si gracieux accueil ; tous ces contrastes le frappaient douloureusement.

Hélène ne reparut pas pendant le reste de la soirée. En se retirant , madame Dubourjas dit à Georges : Eh bien ! vous voyez où nous en sommes ! Moi je n*]r entends absolument rien.

GEORGES. 25i)

Hélène s*est tournée vers ]a dévotion ; elle reste souvent des heures entières à la chapelle ; d'autres fois, elle s'enferme dans l'endroit le plus retiré du château, dans la bibliothèque, et y passe presque toute la journée : elle est bien changée; vous la verrez demain.

Georges se retira dans sa chambre Fâme navrée ; avant de se coucher, il alla un moment sur la terrasse qui était de plain-pied avec son appartement. Alors il aperçut une faible clarté derrière la fenêtre en ogive de la tour où était la bibliothèque, et, un moment après, une silhouette se dessina sur les vitraux.

— Oh! murmura Georges en tressaillant, c*est elle !

Une minute après, la lumière disparut, et Georges entendit le bruit des portes qu'Hélène refermait derrière elle. Alors il se couvrit le visage de ses mains, et des larmes roulèrent sous ses paupières brûlantes.

— Ah ! dit-il avec une amère pitié, j'aurais supporté courageusement mon malheur ! mais le sien ! Que se passe-t-il donc, grand Dieu ! dans l'âme de cette enfant !

Le lendemain matin, Hélène était déjà au salon lorsque Georges y descendît. A son as-

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pect, il 8*arréta frappé de la plus douloureuse émotion d'attendrissement et de compassion qu*il eût jamais éprouvée. Cette fleur de jeunesse et de fralclieur, les grâces de ce charmant visage, étaient déjà passées ; Theureuse enfant dont le sourire était si joyeux, le regard si serein, n'existait plus ; il ne restait qu'une pâle et triste jeune fille ; elle rougit légèrement à la vue de Georges et lui dit d'une voix faible et avec un accent plein de douceur :

— Je vous sais bien bon gré d'avoir accepté l'invitation de ma soeur. M. de Roqueville, votre présence va lui faire du bien.

Et comme Georges la regardait toujours sans lui répondre, elle ajouta :

— Vous me trouvez changée ; c'est que depuis quelque temps je suis «onffrante, trèssouffiraate; mais vous-même je vous trouve pâle, amaigri «

— C'est que j'ai aussi beaucoup souffert, mademoiselle, répooditil <d'cioe voix altérée.

— Âhl dit Hélène avec un accent profond de sympathie et de commisération, <)ue je vous plains !

Ce mot alla jusqu'au cœur de Georges ; il comprît que celle tptï l'aTait dit, devait avoir ressenti de bien cruelles peines pour éprouver,

à Taspect de celles d*autrui, une si grande compassion*

La présence de Georges aux Charmilles ne changea rien à la manière d*étre d*Hélène ; elle ne le fuyait pas, mais elle Tévitait comme elle évitait tout le monde. Souvent elle passait des journées entières dans les jardins, d*autres fois elle se retirait dans la bibliothèque. Le séjour de sa chambre lui plaisait moins, parce qu*elle était à cAté de celle de madame d*Aire. Ce besoin de solitude, cette obstination à rejeter toute espèce de distraction, passaient aux yeux de tout le monde pour les fantaisies d un esprit malade, d*un enfant gâté dont on avait trop fait les volontés et respecté les caprices. Geor* ges pensa autrement : il soupçonna quelque peine profonde, quelque affreuse douleur dont personne ne savait le secret. Il aurait donné avec joie la moitié de sa vie pour obtenir la conGance d'Hélène, et, dans le dévouement sans bornes de son amour, il n^aurait pas hé« site à servir les intérêts d*un rival, si elle n*avait pu être heureuse qu'à ce prix. Mais rien ne pouvait faire soupçonner qu*il y eût en ce monde un homme moins indifférent que les autres aux yeux de mademoiselle d*Entrevaux.

Un jour que Georges la rencontra dans le

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jardin, il osa s'asseoir près d*e11e et Tinterroger doucement; mais elle se renferma toujours dans la même réponse.

— Hélas ! dit-elle en fermant à demi les yeux dont les longs cils jetaient une ombre brune sur ses joues pâlies, je suis triste parce que je suis malade.

— Et pourtant vous vous obstinez à ne pas voir de médecin.

— G*est que je suis sûre qu*il ne pourrait pas me guérir, répondit-elle froidement. Puis rompant tout à coup Fentretien, elle se mit à parler à Georges de son père, de sa famille. Alors il se laissa aller à lui raconter les terribles revers qui Pavaient frappé; et les peines de sa propre situation. Hélène Técouta en silence, le front baissé, les mains jointes et serrées ; sa respiration inégale, la faible rougeur qui était remontée à ses joues , décelaient Timpression que lui faisait ce récit. Quand Georges eut fini, elle dit d*une voix creuse : Oh ! c*est un homme infâme que Gaston de Bearn ! je le sais bien !

Quelques jours plus tard, madame d'Aire témoigna le désir de faire une promenade en calèche dans la forêt de Fontainebleau. Hélène voulait rester d'abord; mais enfin elle se laissa emmener. La comtesse et madame Dubourjas

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étaient dans le fond, Georges s'assit sur le devant, à c6lé de mademoiselle d*£ntrevaux. Le temps était admirable, un beau soleil d'automne jetait de chaudes et magnifiques teintes sur les feuillages immenses de la forêt. De faibles bruits s'élevaient sous ces d6mes dont le vert sombre commençait à prendre des nuances variées; les petits oiseaux gazouillaient sous ces impénétrables abris , et la pie criarde sautillait le long des sentiers.

Cette course à travers la forêt , cet air imprégné de parfums sauvages, l'aspect de cette nature calme et silencieuse, semblaient ranimer Hélène; elle respira profondément, et dit avec une expression de bien-être : Mon Dieu ! la belle journée ! qu*il fait bon ici !...

En ce moment le galop d'un cheval batlit sourdement le sable de l'allée; un cavalier passa en jetant un regard dans la voiture; puis faisant volte-face, il revint sur ses pas au petit trot, fit un léger salut que personne ne lui rendit, et disparut à travers les arbres.

— Ah ! dit madame Dubourjas d'un air de dédaigneuse surprise, c'est M. de Bearn !

— Hélène ! s'écria eu même temps la comtesse, mon Dieu ! qu*as-tu donc?

Elle venait de tomber sur Tcpaule de Geor<

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ges, pâle, froide^ înaoimée. Madame d*Aire la prit dans ses bras en pleurant, tandis que madame Dubourjas faisait arrêter et tirait son flacon de sels» Georges était descendu et semblait cliercher des yeux M. de Bearn. Au bout de quelques minutes , Hélène reprit ses sens, et son premier mot fut pour demander qu*on rentrât sur-le«champ au château; puis elle s'enfonça dans le coin de la voiture, ferma les yeux et ne dit plus rien. On retourna silencieuse* ment aux Charmilles; Hélène monta sur-lechamp chez elle et ne reparut plus de la soirée. Madame d'Aire, triste et consternée, ne fit tout haut aucune remarque sur ce qui s'était passé dans Taprès-m'idi , et se retira de bonne heure.

— £h bien ! dit madame Dubourjas à Georges quand ils furent seuls au salon; comprenezvous rien à tout cela , mon pauvre ami? Evidemment c'est la présence de cet homme qui Ta mise en un état si violent. Savez- vous que je finirai par croire qu'elle l'aime I

— C'est impossible ! s'écria Georges; elle le méprise.

— Il y a là-dessous quelque mystère , vous dis-je; d'abord je viens d'apprendre que depuis plus de deux mois M. de Bearn n a guère quille

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Fontainebleau; c'est âans doute pour être plus à portée de savoir oe qui se passe aux Char* nailles.

— N'importe, répliqua Georges; ne sommes* nous pas sârs qu'il n'a jamais ose reparaître ici ?

Le lendemain matin, de bonne heure, Hélène vint trouver Georges et madame Dubourjas, qui étaient déjà dans le jardin; elle avait une physionomie triste, mais calme.

— Allons nous asseoir là-bas, sous le mur de la terrasse , dit-elle en passant son bras sous celui de la vieille dame ; il faut que je vous parle , ma bonne et chère amie ; venet avec DouS) M. Georges; vous n'êtes pas de trop dans cet entretien.

Ils la suivirent, étonnés et prévoyant queU que étrange explication. Hélène les fît asseoir à ses c6tés, et gardant la main de madame Dubourjas dans les siennes, elle reprit d'une voix plus émue : M. Georges, et vous, madame, qui m'avel toujours témoigné une si bonne amitié, je viens réclamer de vous un service : il y a quelque temps déjà, j'ai pris une résolution que je n'ose pas déclarer à ma sœur; le momejlt est venu pourtant. Il faut que je parle , et j'ai compté sur vous...

— Eh bien ! voyons, mon enfant, dit madame

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Dubourjas, d*ua ton affectueux et encourageant, tandis que Georges serrait sa main sur sa poitrine, comme pour comprimer les battements tumultueux de son cœur.

— Vous savez que j*ai pris en dégoût le monde , continua Hélène en baissant la vue ; rien, selon moi, ne peut y donner le bonheur; j'ai résolu de renoncer entièrement à lui et de me faire religieuse.

— Ah ! mon enfant , vous n'avez peut-être pas encore assez réfléchi sur votre vocation , s'écria madame Dubourjas.

— J'y songe nuit et jour depuis longtemps, reprit Hélène d'une voix plus ferme, et je suis si sûre de ma vocation, que je ne veux pas faire profession en France oii les vœux ne sont que temporaires. J avais pensé d'abord à aller m'enfermer dans quelque couvent d'Espagne ou d'Italie ; mais on dit que les pratiques de la vie religieuse y sont observées avec une dévotion étroite et bigote; j'ai préféré la maison des dames Ursulines de Liège; tout est arrangé déjà, et je voudrais partir promptement.

— Ceci sera le coup de la mort pour la comtesse, dit madame Dubourjas avec conviction.

— Oh I ne me parlez pas ainsi ! s'écria Hélène en pleurant; si vous saviez quelle douleur

c^est pour moi de la quitter ! elle est ma se* conde mère! Mais il le faut, il faut que mon sort s'accomplisse... Parlez -lui, consolez-la, M. Georges... elle vous aime, elle vous écoutera... Amenez-lui son amie, cette bonne madame Neal Réunissez -vous tous autour

d'elle, ne la laissez pas seule... Oh ! ma pauvre Régine...

Les sanglots lui coupèrent la voix. Alors madame Dubourjas essaya de la faire revenir de sa détermination; Georges, atterré, n'avait pas la force de prononcer un seul mot. Quand la vieille dame eut longtemps parlé, Hélène lui répondit avec une sombre douleur et en essuyant ses larmes :

— Hélas ! pensez-vous que je ne me suis pas déjà dit toutes ces choses? Et ne voyez -vous pas que ma vocation est inébranlable , puisqu'elle a résisté aux arguments de ma propre raison et aux attachements les plus forts de mon cœur?

— En ce cas, dit tristement madame Dubourjas, il ne me reste plus, mon enfant, qu'à remplir auprès de votre sœur la pénible mission que vous m'avez confiée.

— Oui, allez lui parler, dit Hélène en serrant les mains de madame Dubourjas; M. Geor-

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ges, aUez*y aussi... Hélas! consolez-la; faiteslui bien comprendre que cette séparation me brise aussi le cœur... Non, je n'aurai jamais la force de supporter le premier mouvement de sa douleur, peut-être de sa colère... Je vais me mettre en prière et attendre...

Une beure après, la comtesse fit appeler sa sœur. Elle était seule. Hélène entra, défaite, tremblante, et vint se jeter à genoux près du fauteuil de madame d'Aire.

■^ Tu veux donc me quitter? lui dit la comtesse d*une voix navrée; tu veux me laisser seule , infirme et souffrante ; mais que vais-je devenir sans toi? Quand ta mère est morte, Hélène, je t*ai prise dans ton berceau et j'ai promis devant Dieu que tu serais ma fille. Dis, ai-je manqué à ma promesse ? Ne t*ai-je pas environnée de soins et d*amour? T'es«tu jamais aperçue que tu n'avais plus de mère? Et maintenant, pour prix d'une affection si longue et si dévouée, tu veux m'abandonner; mais tu ne m*aimes donc pas?

— Oh, ma sceur ! ma sœur I s'écria Hélène en baisant les mains de la comtesse avec des sanglots convulsifs, je t'aime plus que ma vie.. .

— Eh bien ! alors, ne me quitte pas. Voyons, d'où t'est venue cette cruelle résolution? Parle-

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moi avfic confiance, Hélène. . . Sais-tu que quand iJ 8*agit de ton iionheur je pait tout aamfier, tout, entends-tu, mon eaùnd.? Tu ne me parles pas, tu n'oses... Faut- il que}e t'interroge? que je te dise ce que pewt-étre tu ne veux pas avouer?... Ecoute, Hélène, ajouta*t-elle après un «omeqt de silenoe, yeux^tu épouser M. de Bearn?...

— Moi ! s*écria-t-elle en se rejetant en arrière avecun geste d'épouvante, jamais ! jamais ! Puis elle se releva , et reprit d'une voix plus calme : J'ai besoin d'être seule , Régine, je te quitte... Tout ceci m'a fait un mal inexprimable, et à toi aussi, ma sœur... Soyons calmes et prions Dieu <le nous secourir. A ces mots eile se jeta dans les bras de madame «l'Aire et sortk en se cachant le visage dans son mou^ choir.

Dans l'après-midi, Georges prit son fosii et s'en alla au hasard devant lui dans la campagne ; il était dévoré d'une de ces sombres douleurs qui n'ont ni larmes ni plaintes. 11 soci* geait à Hélène, h cette belle destinée que nul malheur apparent n'avait frappée, et qu'une inexplicable fatalité semblait dominer; il songeait à cette douleur profonde, à ces «larmes qtf'i! avait vues le premier , et il sentait avec

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désespoir son impuissance à comprendre entièrement et à consoler ces soujQTrances cachées. Quand il fut loin dans la campagne, il s'assit au bord d*un ravin et resta là, jusqu'au soir, le visage dans ses mains. Lara, couché à ses pieds, levait de temps en temps la tète et le regardait avec un gémissement plaintif; puis il le poussait doucement comme pour le réveiller de sa longue rêverie. Il était tard quand Georges revint au château. Madame Dnbourjas Tattendait dans la galerie.

— Je suis dans le plus cruel souci, lui ditelle; depuis ce matin j'avais certains soupçons, j'ai interrogé, menacé le valet de chambre qui va tous les jours chercher les lettres à Fontainebleau. Hélène a reçu tous ces jours derniers des lettres timbrées de Liège; tout est arrangé, tout est prêt; elle part dans trois jours sans dire adieu à sa sœur ; c'est madame Leblanc, sa femme de chambre, qui l'accompagne...

— Ah ! dit Georges en pâlissant, si t^t ! et que fait-elle maintenant?

— Elle est enfermée depuis ce matin dans la bibliothèque. La comtesse n'a pas quitté sa chambre ; elle souffre, elle pleure*. • La désolation est dans cette maison.

Georges rentra chez lui et s'enferma avec

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Lara. Quand la nuit fut tout à fait venue, il alla sur la terrasse. Hélène était encore dans la bibliothèque ; la fenêtre du cabinet de travail était entr*ouverte; on apercevait distinctement deux bougies posées sur la table , et de temps en temps Tombre d*Hélène, qui se dressait contre les panneaux. Georges s*appuya sur le parapet de la terrasse et resta très-lopgtemps, les yeux fixés sur Touverture que formaient les deux châssis de la fenêtre. Vers minuit, Hélène se leva. Georges la vit prendre un des flambeaux et se retirer lentement, en laissant Tautre flambeau allumé sur la table. Un moment après, il Tentendit descendre en refermant derrière elle toutes les portes. Alors il lui vint un désir violent de pénétrer danfrce lieu où elle venait de passer plusieurs heures; il lui semblait que là quelque chose devait lui révéler le secret du malheur d^Hélène, qu'il allait se trouver en face de quelque terrible révélation. Du parapet de la terrasse à la fenêtre il n*y avait qn*un pas ; mais sous ce pas était un abime.

— Silence, Lara ! dit Georges en faisant signe à son chien de ne pas le suivre ; et s'élançant d'un bond, il retomba sur le balcon de pierre devant la fenêtre ouverte.

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Georges resta uoe mioute debout sur le bal* cod; tout son corps frissonnait, un nuage était sur aies yeux ; une sueur .froide mouillait ses tempes dont rarlère battait atrec une violence inégale. Il plongea macbiaakment son regard dans Tabime qu'il Tenait de fraaehir ; puis il «e retourna et entra dans le cabinet de travail. Là bougie qu'Hélène avait oubliée sur la table éolairaU cette petile pièoe, meublée, eomoM» la bibliothèque , dans le goAt gothique. Georges

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en fit le tour, puis il revint pf*ès de la table devant laquelle était avancé uo fauteuil; c'était là, sans doute, la place qu'Hélène venait de quitter. Une plume encore pleine d'encre était posée sur le pupitre, à c6té d'une feuille de papier couverte d'une écriture inégale et tremblante; en quelques endroits les larmes avaient effacé les lignes interrompues. D'abord, Georges y jeta les yeux et la parcourut du regard; puis, le cœur palpitant, la tète perdue, tremblant d'une sorte de honte et de remords, il prit cette lettre commencée, et lut :

<{ Quand tu recevras ces lignes, ma sœur, tout sera 6ni, ma destinée sera accomplie, je me serai séparée pour toujours de ce que j'ai de plus cher au monde ; nous ne devrons plus nous revoir... Ce n'est qu'en te quittant, Régine, que je pouvais avoir la force de te découvrir l'horrible secret que je t'ai si longtemps caché. Ceci est une eonfession, ma sœur, la eon£éssion de mes fautes de jeune fille et de l'épouvantable châtiment qui les a suivies; c'est l'histoire de ma vie pendant cette fatale année qui vient de s'écouler. Oh ! le courage me manque au moment d'en écrire la première ligne !.., Ma main s'arrête et ne peut tracer le nom de cet homme... Il le faut pourtant... Il

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