FAB
18 LA VISITS.
ttîrayée en apercevàut ucDuut, et comme uu magnifique relief devant la tapisserie rouge foncé qui servait de portière, une figure qu'elle reconnut aussitôt, et que nous allons d*'jpeindre brièvement.
C'était celle d'une jeune fille ou plutôt d'une enfant, âgée de douze ou treize ans tout au plus, vêtue entièrement de blanc et sans le moindre ornement. Dans sa physionomie on pouvait voir réunies la simplicité de l'enfance et l'intelligence d'un âge plus mûr. Non-seulement ses yeux brillaient de cette innocence de colombe dont parie le poète sacré i, mais souvent encore il s'en échappait une sorted'éclat d'amour pur, comme s'ils découvraient, par delà les objets qui les frappaient, uu être invisible pour tout le monde, mais pour elle réellement présent et qu'elle chérissait avec ardeur. Son front était le siège de la candeur; pur et ouvert, il brillait d'une sincérité non fardée; un doux sourire se jouait sur ses lèvres, et ses traits pleins de fraîciieur el de jeunesse, en passant rapidement d'un sentiment à un autre, selon que son cœur tendre et impressionnable le ressentait, exprimaient tour à tour une sensibilité et une ardeur ingénues. Ceux qui la connaissaieut disaient qu'elle ne pensait jamais à elle-même, mais qu'elle était sans cesse partagée entre sa bienveillar'^e pour tous ceux qui l'entouraient, et son affection pour l'objet invisible de son amour.
Quand Syra aperçut devant elle cette belle vision, semblable à celle d'un ange, elle s'arrêta un moment; mais l'enfant lui prit la main, et, l'ayant respectueusement baisée, lui dit : « J'ai tout vu; trouvez-vous dans la petite salle auprès de l'entrée quand je sortirai d'ici, a
Puis elle s'avança ; et, quand Fabiola l'aperçut, une rougeur subite couvrit ses joues, car elle craignait que l'enfant n'eût été le témoin de sou aveugle accès de colère. D'un signe de la main elle congédia ses esclaves, et s'empressa de faire à sa jeune parente (car elles étaient unies par le sang) un accueil plein d'affection .
Nous avons dit que l'humeur de Fabiola admettait peu d'exceptions dans le droit qu'elle s'arrogeait de faire fout plier sous «a volonté. L'une de ces exceptions était sa nourrice Euphrosyne, vieille esclave affranchie, qui admmistrait sa maison particulière et dont Tunique croyance se bornait à ceci, savoir : que Fabiola était la plus parfaite des créatures et ia plus sage, la plus accomplie, la plus admirable jeune fille qui fût dans kome. La seconde exception était sa jcine visiteuse , qu'elle aimnit sincèrement, qu'elle traitait avec la plus tendre affection et dont elle recherchait assidûment la société.
— Il est vraiment aimable à vous, chère Agnès, dit Fabiola d'une voix radoucie, de vous rendre aussi promptement à la prière que je vous ai faite de venir souper ce soir avec nous. Mais le fait est que mon père a invité un ou deux étrangers et que je désirais avoir quelqu'un avec qui je fusse, en quelque sorte, obligée de faire la conversation. Cependant je dois avouer qu'il est un, de nos nouveaux hôtes qui excite assez vivement ma curiosité. C'est Fulvius, dont on vante partout les grâces, les richesses et les talents, bien que personne ne paraisse savoir qui il est, ni d'où il vient
— Chère Fabiola, répondit Agnès, vous savez que ja suis toujourf
(1) Tea yeux soat pareUf à ceux dea colombea. {Cani, 1. H-)