VIII. — FIN DD PREMIER JOCH
Si nous nous arrêtons un instant à la porte pour voir partir Agnès, et si nous prêtons l'oreille à la conversation joyeuse qui s'établit enti'e elle et Cœcilia, nous entendrons Agnès proposer à celle-ci de la faire accompagner jusque chez elle par une de ses femmes, attendu qu'il est nuit ; nous jouirons de la gaîté qu'excite cette proposition chez la jeune aveugle, qui rappelle à sa riche compagne que pour elle la nuit et le jour sont indifférents, et que c'est même en raisou de cette indifférence qu'elle a été choisie pour guide des Catacombes dont les détours lui sont aussi familiers que les rues de Rome, où elle circule à toute heure en sécurité. Si nous tardons ainsi pendant quelques instants à rentrer dans l'intérieur, pour nous informer de l'état oii se trouve la maîtresse du logis, après les événements de la journée, nous trouvons toute la maison dans i'agiUition. Des esclaves armés de flambeaux et de torches courent dans tous les sens; ils visitent tous les endroits possibles et impossibles de la demeure, et semblent chercher un objet perdu. Euphrosyne veut que cet objet se retrouve, mais on y renonce en désespoir de cause. Le lecteur aura probablement deviné d'avance le mot de cette énigme. Selon l'ordre qui lui en a été donné, Syra est revenue pour faire panser sa blessure, et c'est alors qu'on s'aperçoit que l'écharpe qui entourait son bras a disparu. Elle ne peut expliquer cette disparition, sinon en avouant qu'elle a ôté le précieux tissu pour un instant et qu'elle l'a remis aussitôt, mais moins bien sans doute qu'Euphros}Tie ne l'avait fait; elle va même jusqu'à dire le motif qui le lui a fait ôter, tant elle a horreur du mensonge, et ellâ