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cer, sabrer et hacher quelqu'un avant que le jour ne commençât à luire.
La nuit était âpre et rude; par moment une pluie fine et glacée la rendait plus froide encore. Le Dace s'enveloppa dans son manteau et se mit à marcher vivement de long en large, ne s'arrêtant que pour porter à ses lèvres un flacon qu'il dissimulait, et qui renfermait une brûlante liqueur obtenue des cerises sauvages des forêts Thuringiennes. Pour charmer les ennuis de sa faction, il songeait, non aux rives témoins des jeux de son enfance, aux bois et aux rivières du sol natal, mais à l'époque où sa cohorte pourrait égorger l'empereur et saccager la ville.
Tandis que tout cela se passait au Forum, le vieux Diogène et ses deux braves fils étaient dans leur pauvre chaumière de la Suburra, non loin de là, occupés à préparer leur frugal repas du soir. Ils furent interrompus par un léger coup frappé à leur porte. Le loquet se leva, la porte s'ouvrit et donna passage à deux jeunes gens, que Diogène reconnut aussitôt et salua affectueusement.
— Entrez, mes nobles jeunes maîtres : quelle bonté avons d'honorer de la sorte ma pauvre maison ! Je n'oserais pas vous offrir de partager notre simple repas; mais, si vous daigniez l'accepter, ce serait vraiment pour moi et les miens une agape chrétienne.
— Nous vous remercions de tout cœur, bon père Diogène, répondit le plus âgé des visiteurs, Quadratus, le robuste centurion de Sébastien ; Pancrace et moi, nous sommes venus tout exprès pour souper avec vous. Mais pas encore en ce moment : nous avons une affaire à expédier dans cette partie de la ville ; après quoi, nous serons fort heureux de manger quelque chose. En attendant , un de vos fils pourrait aller chercher dans la ville ce qu'il faut pour notre souper. Allons, il nous faut quelque bon mets, et nous voudrions, par exemple, vous fôter d'une coupe de vin généreux.
Et en parlant ainsi, il donna sa bourse à l'un des fils de Diogène, en lui recommandant d'acheter des provisions d'une qualité meilleure que celles qui composaient l'ordinaire de la famille. Ils s'assirent, et Pancrace, s'adressant au vieillard, lui dit, comme par manière de conversation : — Mon bon Diogène, j'ai entendu dire par Sébastien que vous vous souvenez d'avoir vu le glorieux diacre Laurent mourir pour le Christ. Racontez-nous donc les détails de ce sublime martyre.
— Avec plaisir, répondit le vieillard. Il y a aujourd'hui à peu près quarante-cinq ans que ces faits se sont passés^; mais, comme j'étais déjà à cette époque beaucoup plus âgé que vous ne l'êtes vous-même aujourd'hui, vous comprendrez que je m'en souvienne parfaitement. C'était, en vérité, un noble jeune homme, si doux, si affable, si beau et si gracieux ! sa parole était si affectueuse, si bienveillante, surtout quand il parlait aux pauvres ! Combien tous l'aimaient I Je le suivais partout; j'étais auprès de lui, quand le vénérable pontife Sixtus marcha au supplice, et que Laurent, le rencontrant, lui reprocha tendrement, ainsi qu'un fils pourrait faire à son père, de ne pas lui avoir permis de s'unir à son sacrifice volontaire, comme il l'avait assisté dans le sacrifica du corps et du sang de Notre-Seigneur.
— C'étaient là des temps glorieux, Diogène, n' est-il pas vrai? inter-
0) tS8 après Jéaus-Cbriat