LE LOUP DANS LA BERGERIB
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prendre aucune nourriture, » comme 1 indique expressénieLt TertuUien a.
Les fidèles se considéraient, non comme des brebis que l'on mène à la boucherie, ni comme des criminels que Ton prépare pour l'exécution, mais comme des soldats qui s apprêtentp our le combat. Âjmes, aliments, force, courage, ils devaient trouver tout dans le banquet du Seigneur. Même les esprits tièdes et timides se retrempaient et acquéraient une nouvelle ardaur en recevant le pain de vie. Dans les églises, ainsi qu'on peut le voir encore dans les cimetières, il y avait des sièges placés pour les pénitenciers, devant lesquels le pécheur s'agenouillait, confessait sa faute et recevait l'absolution. Dans des moments comme celui-ci, le code de la pénitence se relâchait un peu de sa sévérité, et la durée des expiations publiques était fort raccourcie. Toute la nuit avait été consacrée par le clergé zélé à préparer le troupeau pour la communion publique, qui devait être, pour beaucoup d'entre eux, la dernière sur cette terre.
Nous n'avons pas besoin de rappeler à nos lecteurs que l'office, tel qu'il se célébrait alors, était, dans son essence comme dans presque tous ses détails, le même qu'ils voient célébrer aujourd'hui devant les autels catholiques. Mon-seulement on le considérait, ainsi que de nos jours, comme étant le sacrifice du corps et du sang de Notre-Seigneur; nonseulement l'offrande, la consécration et la communion se faisaient de même, mais encore la plupart des prières étaient identiquement semblables ; de sorte que le catholique qui les entend réciter, et bien plus encore le prêtre qui les récite, dans ce même langage de l'Eglise romaine qui était eu usage dans les Catacombes, peut se croire en communion active et réelle avec les martyrs qui officiaient et les martyrs qui assistaient à ces sublimes mystères.
A l'occasion particulière dont nous parlons ici, lorsque vint le moment de donner le baiser de paix — véritable embrassement d'affection fraternelle — on entendit des pleurs et des sanglots : c'était en effet, pour un grand nombre, les baisers d'adieu. Plus d'un enfant se jetait au cou de son père et le tenait embrassé, ne sachant pas si cette même journée ne devrait pas les séparer jusqu'au temps oîi ils agiteraient ensemble dans le ciei leurs palmes triomphales. Quelle ne devait pas être l'émotion des mères, quand elles pressaient sur leur sein leurs filles bien-aimées, dans la ferveur de cet amour nouveau que fait naître la crainte d'une longue et pénible séparation l Puis vint la communion, plus solennelle qu'à l'ordinaire, plus recueillie, plus silencieuse.
« Ceci est le corps de iNotre-Seigneur Jésus-Christ, » disait le prêtre à chacun des fidèles, en lui présentant la céleste nourriture des âmes. « Amen, » répondait le communiant, d'une voix que la ferveur de la foi et de l'amour faisait trembler. Puis, étendant devant le prêtre un orarium, ou linge fin de toile blanche, chacun y recevait une provision du pain de vie qui devait lui suffire jusqu'à la fête prochaine. Ce dépôt Bacré était soigneusement et respectueusement fermé, et placé dans une autre pièce d'étoffe plus précieuse ou même dans une boîte d'or, qui se suspendait sur la poitrine, sous les vêlements*. Ce fut alors que, pour la
(1) Ad nxorem, lib. II, c. v.
(2) Quand le cimetièr* du Vatican fut exploré, en I57I, on trouva dans lei toiobei deuï petit! va««>i d'or de form* carrée, avpc un annaau au icmmct du couvercle. Ces trèi-anoifu»
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