LA JEUNE FLORE ET LA PAYSANNE
A cet âge ignorant où, ne songeant à rien,
On possède avec rinnoccnce La grâce et la candeur, doux trésor de l'enfance, Flore était jeune et belle et le savait très-bien. Et comment l'ignorer, quand la folle jeunesse, Les parents, les miroirs, le répètent sans cesse,
Lui promettant joie etboidieur!
Aussi le compliment, tant fût-il ridicule, Eclatait sur son front et tombait dans son cœur,
Plein de parfum et de douceur.
Fille jolie est si crédule !
Le bon sens à la fin triomphe sans retour.
Dans le village, passe, un jour.
Une jeune et belle fermière Sans parure et pourtant admirée en tous lieux ; Les curieux, rassemblés derrière elle.
Vont s'écriant : 0 Dieu ! comme elle est belle î Au même instant, baissantMes yeux, Flore sent rougir son visage, Rentre dans sa maison, moins altière et plus sage, VanteHa modestie et marche sous sa loi.
Il n"est si bon miroir que plus belle que
soi,