LE POULET ET LE RENARD
Certain poulet, vif, léger et charmant, Au haut d'un mur courait étourdiment :
Un vieux renard approche et le regarde, En lui disant d'une voix papelarde :
Beau poulet, descendez, et causons un moment. Voyez : la pénitence a gâté mon visage. Je viens d'un long pèlerinage.
Où j'ai bien souffert. Dieu merci !
Cela vous dit qu'enfin me voilà converti. Vous souriez, méchant! vous ignorez encore La charité qui me dévore.
— Et vous, Seigneur, vous oubliez Que je n'ai pas de dents et que vous en avez.
Le monde est plein de gens éclatants d'apparence,
— -ÎOG — Aux beaux discours, aux doux regards, Ils veulent notre bourse ou bien notre innocence. Défions-nous de ces renards.