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L'HIRONDELLE ET SES PETITS

« Quels sont les plus jolis oiseaux ? »

Demandait-on à l'hirondelle.

« Ce sont mes petits, » reprit-elle.

Mères, l'amour aveugle est bien peint dans ces mots.

LE ^'OmŒAU CARNAVAL

Il est trois jours où l'homme, abdiquant sa grandeur.

Prend les grelots de la folie, Et, couvrant d'oripeaux sa nature avilie. S'adiuire d'autant plus qu'il nous fait plus horreur; On est en carnaval. Le plaisir qui s'éveille, Sous son vieil étendard a bientôt enrôlé

Un peuple fou. bariolé:

Et puis vient le dieu de la treille,

Après la course, au milieu du festin.

Qui verse l'ivresse et le vin.

Un mouton étourdi, du seuil de son étable, Un jour suit du regard la tourbe méprisable.

— Oh I oh I dit-il à son voisin, Comme on rit dans le monde ! Ignorants que nous sommes Le carnaval établi chez les hommes

Xe peut-il fleurir parmi nous ?

Mon confrère, qu'en pensez-vous?

Le confrère sourit. Le mouton téméraire,

Pour s'illustrer ou se distraire,

N'y voyant d'ailleurs bien ni mal,

Veut essayer du carnaval.

Le hasard le sert à merveille :

Dans retable il cherche avec soin

Et rencontre, en un certain coin,

La peau d'un loup tué la veille.

« Bon, se dit-il, ces messieurs du troupeau, Vont jouir à l'instant d'un spectacle nouveau. » Il endosse l'habit du brigand qu'il imite,

Sur ses frères se précipite.

En s'écriant : « Au loup, au loup ! » « Au mouton, au mouton ! « répond la compagnie

Qui découvre la fourberie.

Chacun se lève tout à coup.

Et poursuit la bête étourdie; Et le mouton, voyant tout ce peuple ameuté,

Jette la peau du loup sans peine.

Puis au sein de l'étable il court épouvanté

Ne cherchant qu'à sauver la sienne.

Soyons un vrai hnnigeois, non un faux grand seigneur.

L'homme sensé méprise un éclat imposteur,

Car à la première rencontre Le masque disparait et la bête se montre.

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