‹ FablesChapitre 8 sur 60 · LE VOYAGEUR ET LE VIEUX MONUMENT · texte numérisé non relu

LE VOYAGEUR ET LE VIEUX MONUMENT

Un matin je ne sais comment

Je longeais un beau monument, Dont la sculpture antique et la forme nouvelle Me montraient à la fois Mansard et Praxitèle. Je regarde étonné, bientôt, près de partir, Du sein des murs j'entends ces mots sortir :

« Contre les rois élevons des sicaires, Nous avons des tyrans, et nous aurons de? frères Gloire au travail fécond, arrière les faux dieux : La route du progrès est le cbcmin des cieux : Tout est grand, tout est Dieu : d'après ce beau système, Dans un âne qui brait j'entends la voix suprême. Mortel sois probe, liumain, débauclié, fainéant. Le bien, le mal. tout conduit au néant. »

Etonné d'un pareil langage, Je lève en haut mes yeux et ne vois nul visage,

La jorte enfin cède à mes coups ; Alors la vérité s'offre à moi sans nuage :

J'étais dans l'hospice des fous.

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