LE VOYAGEUR ET LE VIEUX MONUMENT
Un matin je ne sais comment
Je longeais un beau monument, Dont la sculpture antique et la forme nouvelle Me montraient à la fois Mansard et Praxitèle. Je regarde étonné, bientôt, près de partir, Du sein des murs j'entends ces mots sortir :
« Contre les rois élevons des sicaires, Nous avons des tyrans, et nous aurons de? frères Gloire au travail fécond, arrière les faux dieux : La route du progrès est le cbcmin des cieux : Tout est grand, tout est Dieu : d'après ce beau système, Dans un âne qui brait j'entends la voix suprême. Mortel sois probe, liumain, débauclié, fainéant. Le bien, le mal. tout conduit au néant. »
Etonné d'un pareil langage, Je lève en haut mes yeux et ne vois nul visage,
La jorte enfin cède à mes coups ; Alors la vérité s'offre à moi sans nuage :
J'étais dans l'hospice des fous.