‹ FablesChapitre 10 sur 121 · L'AUTOUR. LA FAUVETTE ET LE VER · texte numérisé non relu

L'AUTOUR. LA FAUVETTE ET LE VER

Il n’est pas rare que les gens Vous jettent sans façons leurs défauts au visage, Comme étant vôtres. C’est l'usage

Que les moins nobles cœurs soient les plus exigeants.

Un autour vit une fauvette Qui tenait en son bec un ver ; Le ver se plaignait fort, et pour moi, je regrette Que de charmants oiseaux se nourrissent de chair ; Sur ce point, je voudrais réformer la nature. La fauvette est pourtant fort bonne créature. - Grands Dieux, cria l’autour, vit-on rien de pareil ? Et montra-t-on jamais tant de gloutonnerie ?

Quoi ! dévorer en plein soleil

FABLE IX. 23 Un pauvre ver, l’effronterie !

C’est pousser l’égoïsme loin !

Par l'enfer ! mon bec, au besoin, Saura bien empêcher le crime. — La fauvette l'entend et lâche sa victime, Puis, tremblante, veut fuir, s'envoler ; mais l’autour L'atteint, la frappe, la déchire Et la mange !... Le ver, voyant cela, respire.

Hélas ! il y passe à son tour.

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