FAVEUR
Une grande divinité, La Faveur, se fit faire un temple.
Chez les Dieux, comme ici, tout puissant est l'exemple. Bientôt Thémis, de son côté, Résolut de construire un splendide édifice.
Ce fut un architecte humain Qui, par son ordre, y mit la main.
L'artiste avait déjà rempli le même office Pour le temple de la Faveur.
Bientôt fut achevé celui de la Justice.
Les deux Temples avaient un aspect de grandeur ; Tout concourait à leur splendeur :
Le marbre, l'or, l’airain, des fresques admirables ;
Sur la terre dignes des cieux,
Ils étonnaient, charmaient les yeux ; En outre, ils n’étaient point semblables :
L'artiste intelligent les avait dessinés Selon l'usage auquel ils étaient destinés.
Mais est-il rien sur quoi ne morde la critique? À ses traits acérés, tout n’est-il pas permis ? Quelqu'un disait: — C’est magnifique !
Mais d’où vient, s’il vous plaît, qu’au temple de Thémis On ait mis cette colonnade Qui se croise en tous sens sur toute la façade ? Veut-on gêner à chaque instant Les pas du plaideur haletant :
Et d’où vient qu’à l’autre édifice On a gâté le frontispice, En plaçant la porte si bas, Et si petite encor ; veut-on qu’on n'entre pas ? Vraiment, c’est à n’y rien comprendre. 7 — Peut-être a-t-on voulu, dit quelqu'un, faire entendre Combien sera plus tard d’un difficile accès, Du temple de Thémis le divin sanctuaire, Et, d’un autre côté, qu’on n’obtiendra jamais
Les dons de la Faveur qu’en rampant jusqu’à terre’ —