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LE LIS, LA TOILE D’ARAIGNÉE ET LES MOUCHES

Un lis était incommodé Par la foule des parasites, Cherchant, grands et petits, sans aucun procédé, Dans le sein de la fleur, leurs plaisirs illicites. Jamais un moment de repos !

La plante avait une araignée Pour amie. Un jour indignée, À sa brune voisine, elle conta ses maux.

— Veuillez me protéger, dit-elle ; Entourez-moi de vos filets, Afin queje sois, désormais, Tranquille, heureuse, autant que belle.

Vos soins ne seront pas perdus :

Ces fils qui devront me défendre,

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Pour vous aussi seront tendus, Car mes ennemis vont s’y prendre, Et Dieu sait les brillants repas Que vous leur devrez ! — La voisine Trouva l'invention divine.

Elle tend des filets, sans bruit, sans embarras, Se tapit et ne bouge pas.

Paraît un moucheron. Il voltige et se jette Contre le filet qui l’arrête.

L'imprudent! l’araignée en fait son déjeüner, Et déjà la fleur de donner Des signes de joie, elle espère Enfin un terme à sa misère.

Soudain arrive un gros Bourdon, Qui le prend sur un autre ton.

11 vole impétueux, donne tête baissée Contre la faible toile, à l'instant traversée ; Puis, il butine au sein de la plante aux abois,

Dans les corolles odorantes.

N’aurais-je point offert l’image de nos lois, Fortes pour les petits, pour les grands impuissantes ?

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