LE MINEUR
A Monsieur Joséphin Soulary.
Tel pour les roses semblait né Qui n’en obtient que les épines.
Un grand seigneur fut condamné Aux travaux souterrains des mines.
Qu’'avait-il fait? Je n’en sais rien.
On a vu condamner plus d’un homme de bien, Non pas chez nous, mais bien sur la terre étrangère. Oh ! chez nous, c’est une autre affaire.
Je reviens à mon condamne. A sa rude tâche enchaïné, Vingt fois par jour, au moins, il se donnait au diable, Et, chargé de trouver de l'or, Il ne ramassait que le sable, Sous lequel gisait le trésor.
Du sable et des cailloux encor, Mais de l’or point. Son camarade Lui dit : — Gare à la bastonnade, Si le maître vient à savoir Comment tu remplis ton devoir !
Prends un peu mieux ta part de la tâche commune. — — Courbé sous ma triste fortune , Dit le mineur, je n’ai point d’yeux Pour découvrir où git le métal précieux ;
Le bonheur autrui m’importune. —
Critiques , vous voilà dans vos doctes travaux | Déterrant , au lieu d’or, des cailloux et du sable. Et, dans votre zèle implacable,
Taupes pour les beautés et Ivnx pour les défauts.