‹ FablesChapitre 30 sur 121 · LES SERPENTS DU MONT CAUCASE · texte numérisé non relu

LES SERPENTS DU MONT CAUCASE

Deux Moscovites voyageant, En ce temps de l’année où la terre est fleurie , Virent au loin dans la prairie, Certain être toujours bougeant, Dont la surface était brillante.

A droite, à gauche, au loin, partout on retrouvait Sous son écaille seintillante Cet animal qui se mouvait.

La scène se passait au pied du mont Caucase Où nos gens portaient un ukase.

__ Qu'est ceci, dit l’un d'eux? examinons de près Cet être qui produit de si jolis effets :

Nous allons voir là quelque chose

De bien gracieux, je suppose. —

À ces mots ils piquent des deux Et trouvent... des serpents affreux Qui souillaient par milliers cette terre exécrable.

Pauvres gens ! quelle mort à jamais déplorable !

Hélas ! sans voyager, combien de malheureux Conviés, pleins d'espoir, au banquet de la vie, Tombent sous des serpents encore plus dangereux :

Je veux parler ici des serpents de l'envie.

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