LES SERPENTS DU MONT CAUCASE
Deux Moscovites voyageant, En ce temps de l’année où la terre est fleurie , Virent au loin dans la prairie, Certain être toujours bougeant, Dont la surface était brillante.
A droite, à gauche, au loin, partout on retrouvait Sous son écaille seintillante Cet animal qui se mouvait.
La scène se passait au pied du mont Caucase Où nos gens portaient un ukase.
__ Qu'est ceci, dit l’un d'eux? examinons de près Cet être qui produit de si jolis effets :
Nous allons voir là quelque chose
De bien gracieux, je suppose. —
À ces mots ils piquent des deux Et trouvent... des serpents affreux Qui souillaient par milliers cette terre exécrable.
Pauvres gens ! quelle mort à jamais déplorable !
Hélas ! sans voyager, combien de malheureux Conviés, pleins d'espoir, au banquet de la vie, Tombent sous des serpents encore plus dangereux :
Je veux parler ici des serpents de l'envie.