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LA MOUCHE ET LA FOURMI

La fourmi disait à la mouche :

__ L'hiver n’est pas bien loin, ma chère, et vous voici Ne songeant qu’à jouir et sans aucun souci D'un toit, d’un grenier, d’une couche.

Janvier venu, l’on vous verra Succomber à votre misère.

Plus d’une voisine en rira ; Moi, j'ai bon cœur et je préfère Vous avertir; mais il est temps Que vous vous choisissiez bien vite Dans quelque bon recoin un gite, Où vous puissiez braver l'hiver et ses autans. — — Unintérêt si doux me touche,

Mais comment faire ? dit la mouche,

Le LIVRE HIT.

Je suis si maladroite ! — Et vos amis ? je crois, Qu’avec leur aide, avant un mois, Nous aurions la cave et l’office, Puis le salon et le grenier.

S'agit-il de rendre service, Un véritable ami ne se fait pas prier. — — Merci, grand merci ; mais, l'automne N'est pas même arrivé, Pomone Va présider à nos festins.

Chère amie, écartons de grâce, Le souci de maux incertains.

Si doux est le présent! le papillon qui passe, M'appelle après lui. Quelque jour Nous reviendrons sur votre idée.— Et la voilà qui, possédée Du démon des plaisirs, va sans but, fait l'amour, Prend repas sur repas, joue et dort... Fin octobre, Notre mouche à regret plus sobre Et moins rebelle à la raison, Songe à se faire une maison. — Ah! de grâce, venez, dit-elle A la fourmi, m'aider un peu, Creuser et maçonner ne vous seront qu’un jeu,

Et j'y reconnaitrai votre amitié fidèle.

Mais, ne perdons pas un moment,

Un froid mortel déjà... — Vraiment

Votre extrême embarras nv'afflige, Vous aider me serait bien doux ! Que ne le puis-je, Impossible aujourd’hui ! j'ai tant à travailler ! Adieu. Je ne saurais plus longtemps babiller. — Bientôt l’insecte ailé tomba : c'était justice. Mais autre chose ici se laisse apercevoir :

On désire rendre service

Jusqu'au moment de le pouvoir.

De grâce, encore un mot au sujet de la mouche :

Comme on fait son lit on se couche.

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