‹ FablesChapitre 75 sur 121 · LI — · texte numérisé non relu

LI —

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mp. /. Brunet fils, r. 5. Catherine, 11, Lyon.

Par un bloc de glace entraine, Un pauvre arbre déraciné Pleurait sur sa éloire passée,

Qui suis de l'univers et l’orgueil et l’effroi, — — Oh ciel! ce vil Glaçon, dit le Chêne en colère, Pense être l’ornement et l’effroi de la terre ! Étrange illusion d’une fausse grandeur !

Cet échappé du pôle ose avec impudeur | Se faire un jeu de ma misère !

Soleil, toi qui jadis illuminais mes jours, Toi qui me fécondais, que j'honorais sans cesse, Parais et viens, de grâce, interrompre le cours De tant d’orgueil et de bassesse.

Rien ne saurait me rendre à mon ancien bonheur. Mais je pourrai du moins mourir en paix sur l'onde... — Et soudain le Soleil se lève avec splendeur : H luit, il embrase le monde.

Les cieux, les eaux, les bois exaltent son réveil. De toutes parts éclate un concert sans pareil, Si bienfaisante est sa présence !

Mais déjà le Glaçon n’a plus son arrogance, Il souffre, s’amoindrit, se lamente à son tour, Et le Chêne, distrait de sa propre misère, Le voit se changer en eau claire

Sous les feux éclatants du jour.

Combien ne voit-on pas dans le siècle ou nous sommes

Finir ainsi de faux grands hommes ?

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