FABLE XXXVII
L'Avare et la Pie.
1 TN Avare comptait son argent tous les jours. Une \J Pie s'échappa de sa cage, vint subtilement enlever ime guinée, et courut la cacher dans une crevasse du plancher. L'Avare apercevant la Pie : Ah î ah ! s'écria-t-il, c'est donc toi qui me dérobes mon trésor! tu me peux le nier ; je te prends sur le fait : coquine, tu mourras. Doucement, doucement, mon cher maître, n'allez pas si vite ; je me sers de votre argent, comme vous vous en servez vous-même : s'il faut que je perde la vie pour avoir caché une seule guinée, que méritez-vous, dites-moi, vous, qui en cachez tant de mille?
Il arrive souvent que les hommes se condamnent euxmêmes, en condamnant les vices des autres.
veulent, want. tâchent, endcavour. se rendre, render (hemseîves. utiles, useful. public, ptdflic.
Fable XXXVII. Avare, Miser. Pie, Mngpjje.
Comptait, counted. argent, money. tous les jours, every day, s'échappa, escapcd. cage, cage, vint subtilement enlever, came to pick up. courut, rnn. cacher, to flirfe. s'écria, criedout. donc, tfien. àéTobes, steaVst. trésor, treasunre. ne saurais, can'st not. nier, deny. prends, cat(À. fait, fact. coquine, rogue. mourras, shnlt die. doucement. softly. cher maître, dear master. n'allez pas si vite, don'i go so fast. me sers de, am vsing of. comme vous vous en servez vous-même, as you do yourse'f. s'il faut que je perde le vie. If I must lose myiife. pour avoir chaché, /or having hidden. seule, single, que méritez-vous, what do you deserve. dites, tell, cachet, secrète, tant de mille, so many tfmisands.
Il arrive souvent, it often happens. hommes, mtn. se condamnent eux-mêmes, condemn themselves. vic€S, Tnres. autres, ofW.<f
PERR^^'S FABLES 3T
FABLE XXXVIIL
Le Loup et VAne malade.
N Ane était attaqué d'une fièvre violente. Un Loup de bon appétit, apprenant cette nouvelle, alla rendre visite au malade ; mais il trouva l'étable fermée. Il frappa pourtant à la porte : un jeune Ane, fils du malade, y alla, pour voir qui c'était. Mon ami, dit le Loup, de grâce ouvrez moi la porte. Comment se porte votre père? Je suis venu exprès pour le voir ; c'est mon ami, et je m'in= téresse beaucoup à sa santé. Oh! mon père se porte beaucoup mieux que vous ne désirez, répondit l'ânon; il m'a commandé de ne laisser entrer personne.
Il y a beaucoup de gens dont les visites aux malades , sont aussi intéressées que celle du Loup à l'Ane.