‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 116 sur 182 · SI J'ÉTAIS LE MAÎTRE · texte numérisé non relu

SI J'ÉTAIS LE MAÎTRE

—Moi, si j'étais le maître, Disait, à Mathurin, Gros-Jean le beau censeur, Je n'aurais que douceur Pour tout ce que je ferais naître, Et d’abord dans l’ordre moral, Pour être explicite, Tout serait licite, On ne connaîtrait pas le mal :

Dans le monde physique

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Si mystérieux, Rien de problématique, Tout sauterait aux yeux.

Tiens ! si j'étais le maître, on connaîtrait la lune Et puis l’on causerait avec ses habitants :

Et ceux qui, malgré tout, ne seraient pas contents, Pourraient s’en aller là courtiser la fortune.

Si j'étais maître, Mathurin, Je ferais lever le matin Un peu plus tard dans la journée Et je rallongerais l’année ; Je ferais taire le grand vent Qui soulève au loin la poussière :

Je ferais pleuvoir moins souvent :

Mainte fleur serait moins grossière Et verserait parfum plus doux.

Tu vois bondir là-bas les vagues en courroux ? Je les apaiserais : elles resteraient calhnies. | Les arbres de nos bois | Que dépouillent les froids Auraient de belles palmes Et fleuriraient toujours.

Pareil à du velours Serait le gazon des prairies.

Je tendrais au ciel nuageux

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