‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 41 sur 182 · FABLE PREMIÈRE LE CYGNE · texte numérisé non relu

FABLE PREMIÈRE LE CYGNE

Dans la nappe d’or d’un flenve paisible, À l'heure où s’en va le bac du pêcheur, Un eygne mirait, fier de sa blancheur, En se balancant, son galbe flexible :

Puis autour de lui des cercles nouveaux, l'oujours s'éloignant sur les claires eaux,

Tracaient tour à tour comme une auréole, Un poisson jaloux, prenant la parole,

Aux autres poissons dit en le voyant :

—Souffrirons-nous done dans notre domaine Ce fier étrangér au col ondoyant ?

Son vol l’apporta que son vol l’emmène ;

Il est un oiseau, non pas un poisson.

—Qu'il s’en aille loin! dit, à l'unisson, Le chœur menacant des poissons stupides, Et tous contre lui s’élancent alors.

Le cygne ouvre, ému, ses ailes rapides Et vole en chantant jusque sur les bords.

— De quel droit viens-tu ? dit un quadrupède, Sortant irrité de l'ombre des bois—

Je ne souffre pas qu'on me dépossède ; Va-t-en dans les airs.

Le cygne, aux abois, Nagea dans l'air pur et dans la lumière, Modulant encore un’soupir divin.

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