‹ Fables canadiennes [microforme]Chapitre 44 sur 182 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

Or, il advint une disette.

Il fallut faire la diète, Puis ensuite un rejas par jour ; On mit à mort la basse-cour Et l'étable et la bergerie, Le fléau cependant redoublait de furie, On parla de tuer le plus jeune cheval :

L'autre était trop vieux et trop maigre.

Notre jeune et bel animal

Se montrait, ce jour-là, tout pimpant, tout allèvre,

— Pauvre ami, Jui dit-on, caressant de ] Son €]

a main uisse et longue erinicre,

Oui, voilà notre heure dernière

ît nous allons mourir de faim

Si tu ne fus un sacrifice,

—Je vous comprends très-bien, dit le

présomptueux, Vous prenez le vieux uTis.

Ce serait monstrueux Que de refuser ve service,

Et je m'en sérarorai bien :

Il n’est, au veste, propre à rien,

— Pas même à manger, dit le Maître,

Et c’est toi qu'il nous faut.

D nue 27

mg ss CSN

Moi ? reprit l'animal faisant un soubresaut.

—Toi.

— Mais, voyez un peu, je suis, sans le paraitre, Joliment maigre aussi.

—— Nous t’aimerons ainsi.

Il se plaignit en vain de cet arrêt atroce, I fallut marcher au trépas.

Quand il passa tremblant près de la vieille rosse, La vieille rosse dit tout bas :

—Je te plains, mon ami, mais je ne puis rien fuire Pour adoucir ton sort, Souffre avec patience, A chacun son affaire.

Puis te voici, du reste, au port.

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