LE LABOUREUR ET L’ATHÉE
é lices ; Un laboureur, honnête homme et chrétien fidèle, Qui s'agenouillait chaque jour 78 Et croyait bonnement que l’âme est immortelle {| ;)
Et doit quitter ces lieux pour un autre séjour ; Un brave laboureur, vous dis-je, Qui ne demandait au Seigneur, Pour croire au céleste bonheur, Aucun autre prodige Que le spectacle radieux
Que le ciel fait éclore Au couchant, à l'aurore, Chaque jour sous nos yeux ;
Un laboureur achevait ses semailles, Quand il vit arriver au milieu de ses champs Un soi-disant athée, un de ces sots tranchants Qui veulent enlacer les autres dans leurs mailles. L'angelus du midi, dans le même moment,
Sonnait à l’église voisine ; Le semeur se signa, puis, fort dévotement, Se mit à récicer la prière divine,
— Pourquoi ce signe de la croix ?
Fit le libre penseur en éclatant de rire :
Est-ce que vraiment tu crois A ce que tu viens de dire ?
—Et pourquoi, mon ami, n’y croirais-je donc pas ? | Répondit aussitôt le laboureur modeste. î
— Parce que Dieu, comme le reste, Nous embarrasse * chaque pas.
ps
ts ailles.
> pas ?