I 26 FABLES CHOISIES
L’autre , plus froid que n’est un marbre ,
Se couche sur le nez , fait le mort , tient son vent ,
Ayant quelque part ouï dire Que l’ours s'acharne peu souvent Sur un corps qui ue vit , ne meut (i) , ni ne respire. Seigneur ours , comme un sot , donna dans ce panneau ;
II voit ce corps gisant , le croit privé de vie ;
Et , de peur de supercherie ,
Le tourne , le retourne , approche son museau (a) , Flaire aux passages de l’haleine.
C’est , dit-il , un cadavre ; ôtons-nous , car il sent.
A ces mots , l’ours s’en va dans la forêt prochaine.
L’un de nos deux marchands de son arbre descend , Court à son compagnon , lui dit que c’est merveille Qu’il n’ait eu seulement que la peur pour tout mal.
Eh bien ! ajouta-t-il , la peau de l’animal ?
Mais que t’a-t-il dit à l’oreille?
Car il t’approchoit de bien près , '
Te retournant avec sa serre.
Il m’a dit qu’il ne faut jamais Vendre la peau de l’ours qu’on ne l’ait mis par terre (3).
% (il II faudroit (a) Ce portrai est d’une vérité
faudroit ne te meut.
portrait est excellent. Le trait par lequel il se termine frappa
(3) Proverbe.
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LA ne vêtu déjà Peau du Lion.
Df. la peau du lion l’âne liant vêtu Etoit craint partout à nVmde :
Et bien qu’animal sans .vertu ,
Il faisoit trembler tout le'monde. *
Un petit bout d’oreille échappé par malheur (4)
(41 Vers d'une application si fréifucnte qu’il peut «Ire compte parmi les proverbes.
Découvrit la fourbe et l’erreur :
Martin (i) fit.alors son oflice.
Ceux qui ne savoient pas la ruse et In malice S’étonnoient de voir que Martin Chassât les lions au moulin.
Force gens font du bruit en France Par qui cet apologue est rendu familier.
Un équipage cavalier
Fait les trois quarts de leur vaillance.
( Voyez Esope , Fable CXIII ,
(i) Valet de meunier, armé d'uu gros béton.
FIN Itti LIVRE CINQUIÈME.
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