LES SOUHAITS
Lx eft au mogol des folets Qui font office de valets, | Tiennent la maïfon propre, ont foin de l'équipage, Et quelquefois du jardinage.
Si vous touchez à leur ouvrage, Vous gâtez tout. Un d’eux près du Gange autrefois, Cultivoit le jardin d’un affez bon bourgeois. Il travailloit fans bruit, avoit beaucoup d’adrefle, : Aimoit le maître & la maïîtreffe, Et le jardin fur-tout. Dieu fçait fi les zéphirs Peuple ami du démon, l’affiftoient dans {à tâche. Le folet, de fa part, travaillant fans relâche, Combloit fes hôtes de plaifirs.
Pour plus de marques de fon zele, Chez ces gens pour toujours il fe fût arrêté, Nonobftant la légereté À fes pareils fi naturelle:
Mais {es confreres les efprits Firent tant, que le chef de cette république, Par caprice ou par politique, Le changea bientôt de logis.
Ordre lui vient d'aller au fond de la Norvége Prendre Îe foin d’une maifon | En tout temps couverte de neige; Et d'Indou qu'il étoit, on vous le fait Lapon. Avant que de partir, l'efprit dit à fes hôtes : On moblige de vous quitter, | Je ne fçais pas pour quelles fautes, Mais enfin il le faut, je ne puis arrêter, é
Qu'un temps fort court, un mois, peut-être une femaine.