FA BÉ ES COILTONSERRS
Eraployéz la : formez trois fouhaits, car je puis Rendre trois fouhaits accomplis ; Trois fans plus. Souhaiter, ce n’eft pas une peine Etrange & nouvelle aux humains.
Ceux-ci, pour premid vœu, demandent l’abondance ; Et l'abondance, à pleines mains, Verfe en leurs coffres la finance, En leurs greniers le bled, dans leurs caves les vins : Tout en creve. Comment ranger cette chevance? Quels regiftres, quels foins, quel temps il leur fallut! Tous deux font empêchés fi jamais on le fut.
Les voleurs contre eux comploterent,
Les grands feigneurs leur emprunterent ; Le Prince les taxa. Voilà les pauvres gens
Malheureux par trop de fortune.
Otez-nous de ces biens l’afluence importune,
Dirent-ils, l’un & l’autre : heureux les indigens ! | La pauvreté vaut mieux qu’une telle richefle. Retirez-vous, tréfors : fuyez; & toi, Déefle, Mere du bo elprit, compagne du repos, O Médiocrité, reviens vite. A ces mots. ::5::24 La Médiocrité revient; on lui fait place;
Avec elle ils rentrent en grace,
Au bout de deux fouhaits étant aufli chanceux
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Qu'ils étoient, & que font tous ceux Qui fouhaitent toujours, & perdent en chiméres
Le temps qu'ils feroient mieux de mettre à leurs affaires, -Le folet en rit avec eux.
Pour profiter de fa largeffe,
Quand il voulut partir, & qu'il fut fur le point,
Ils demanderent la fageffe :
C'eft un tréfor qui n’embarrafle point.
(Fable cxxx.)
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FABLE VTt.
ES COUR DU Lion.
Sa majefté Lionne un jour voulut connoître De quelles nations le ciel l’avoit fait maître. Il manda donc par députés Ses vaflaux de toute nature, Envoyant de tous les côtés Une circulaire écriture, Avec fon fceau. L'écrit portoit Quun mois durant, le roi tiendroit Cour pleniére, dont l'ouverture Devoit être un fort grand feftin, Suivi des tours de Fagotin.
Par ce trait de magnificence Le Prince à fes fujets étaloit fa puiffance.
En {on louvre il les invita.
Quel louvre! un vrai charnier, dont l’odeur fe porta D'abord au nez des gens. L’ours boucha fa narine: Il fe fût bien pañlé de faire cette mine. | Sa grimace déplut. Le monarque irrité L’envoya chez Pluton faire Le dégoûté.
Le finge approuva fort cette févérité; Et, flatteur exceffif, il loua la colere, Et la griffe du prince, & l’antre, & cette odeur: Il n'étoit ambre, il n’étoit fleur, Qui ne fût ail au prix. Sa fotte fatterie, Eut un mauvais fuccès, & fut encor punie.
Ce monfeigneur du Lion-là, Fut parent de Caligula.
Le renard étant proche: or ca, lui dit le Sire,
Que lens ile mor: parle fans déguifer. Tome III E
ver. . FAXBLIES" CH OLSTES L'autre aufli-tôt de s’excufer, | 700
Alléguant un grand rhume: il ne pouvoit que dire ‘4 Sans odorat: bref il s’en tire. | 1 Ceci vous fert d'enfeignement.
Ne foyez à la cour, fi vous voulez y plaire,
Ni fade adulateur, ni parleur trop fincére ;
Li tâchez quelquefois de répondre en Normand. |
( Fable cxxx1 ).
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