Tome IV. Q q
S'ils pouvoient conferver un rayon de prudence, | (Je demande un grand point, là prudence en amours) Ils feroient aux rapports infenfibles & fourds.
Notre époufe ne fut l’une ni l’autre chofe:
Elle fe léve un jour ; & lorfque tout repofe,
Que de l'aube au teint frais la charmante douceur Force tout au fommeil, hormis quelque chaffeur, Elle cherche Céphale : un bois l'offre à fa vûe.
Il invoquoit déja cette Aure prétendue.
Viens me voir, difoit-il, chere Déefle, accours :
Je n'en puis plus, je meurs ; fais que par ton fecours La peine que je fens fe trouve foulagée. | L'époufe fe prétend par ces mots outragée: - Elle croit y trouver, non le fens qu'ils cachoient, Mais celui feulement que fes foupçons cherchoient. O trifte jaloufie ! O paflion amere!
Fille d’un fol amour, que l'erreur a pour mere!
Ce qu'on voit par tes yeux caufe affez d’embarras, Sans voir cCUI par ay ca qua l’on ne vnit pass Procris s’étoit cachée en la même retraite
Qu'un Fan de Biche avoit pour demeure fecrette:
IL en fort ; & le bruit trompe auffi-tôt l'époux. Céphale prend le dard, toujours für de fes coups, Le lance en cet endroit, & perce fa jaloufe : Malheureux affäffin d’une fi chere époufe.
Un cri lui fait d’abord foupçonner quelque erreur ;
Il accourt, voit fa faute ; & tout plein de fureur, Du même javelot il veut s'ôter la vie.
L’Aurore & les deftins arrêtent cette envie.
Cet office lui fut plus cruel qu indulgent.
L'infortuné mari fans cefle s'affligeant,
Eût accru par fes pleurs le nombre des fontaines, Si la Déefle enfin, pour terminer fes peines, | N'eût obtenu du fort que lon tranchât fes jours: Trifte fin d'un hymen bien divers en fon cours!