‹ Fables choisies, mises en vers T. 4Chapitre 114 sur 120 · ES LE SC FO‘ STIER · texte numérisé non relu

ES LE SC FO‘ STIER

Avec grand bruit d'entrer au corps des gens.

Ce que le fien, ouvrage fantaftique,

Devint alors, l’hiftoire nen dit rien.

Son coup d'effai fut une fille unique

Où le galant fe trouvoit aflez bien:

Mais Matheo, moyennant groffe fomme,

L'en fit fortir au premier mot qu'il dit.

C'étoit à Naple, il fe tranfporte à Rome; Saifit un corps : Matheo l'en bannit,

Le chaffe encore : autre fomme nouvelle.

Trois fois enfin, toujours d’un corps femelle, Remarquez bien, notre Diable fortit.

Le Roi de Naple avoit lors une fille, Honneur du fexe, efpoir de fa famille :

Maint jeune Prince étoit fon pourfuivant ; Là, d'Honefta Belphegor fe fauvant,

On ne le put tirer de cet afyle.

Il n'étoit bruit, aux champs comme à Îa ville, Que d'un manant qui chatioit les elprits.

Cent mille écus d'abord lui font promis.

Bien affigé de manquer cette fomme,

( Car les trois fois l’'empêchoient d’efpérer Que Belphegor fe laiffät conjurer }

Il la refufe : il fe dit un pauvre homme, Pauvre pêcheur, qui, fans fçävoir comment, Sans dons du ciel, par hafard feulement, De quelques corps a chaflé quelque diable, Apparemment chétif & miférable,

Et ne connoît celui-ci nullement.

Il a beau dire : on le force, on l’amene, On le menace, on lui dit que fous peine D'être pendu, d’être mis haut & court

En un gibet, il faut que fa puiflance

Se manifefte avant la fin du jour.

Dès l'heure même on vous met en préfence

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