‹ Fables choisies, mises en vers T. 4Chapitre 116 sur 120 · LE JUGE ARBITRE, L'HOSPITALIER, ET LE SOLITAIRE · texte numérisé non relu

LE JUGE ARBITRE, L'HOSPITALIER, ET LE SOLITAIRE

Thois Saints, également jaloux de leur falut,

Portés d'un même efprit, tendoient au même but.

Ils s'y prirent tous trois par des routes diverfes.

Tous chemins vont à Rome : ainfi nos concurrens Crurent pouvoir choifir des fentiers différens.

L'un, touché des foucis, des longueurs , des traverfes Qu'en apanage on voit aux procès attachés,

S'offrit de les juger fans récompenfe aucune,

Peu foigneux d'établir ici-bas {à fortune.

Depuis qu'il eft des loix, l'homme, pour fes péchés, Se condamne à plaider la moitié de fa vie.

La moitié ? Les trois quarts, & bien fouvent le tout.

Le Conciliateur crut qu'il viendroit à bout De guérir ectteforhom de At Li Lo

Le fecond de nos Saints choifit les hôpitaux. Je le loue ; & le foin de foulager les maux Eft une charité que je préfere aux autres.

Les malades d’alors étant tels que les nôtres, Donnoient de l'exercice au pauvre Hofpitalier ; Chagrins, impatiens, & fe plaignant fans cefle: Il a pour tels & tels un foin particulier, Ce font fes amis : ils nous laifle.

Ces plaintes n'étoient rien au prix de l'embarras Où fe trouva réduit l'Appointeur de débats.

Aucun nétoit content ; la fentence arbitrale | À nul des deux ne convenoit:

Jamais le Juge ne tenoit À leur gré la balance égale.

De femblables difcours rebutoient l'Appointeur. Il court aux hôpitaux, va voir leur directeur.

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